AFRIQUE DU SUD (2016)

.

Superficie 1 219 090 km², soit 2,2 fois la France. Point Culminant Thabana Ntlenyana, 3 482 mètres (dans le massif du Drakensberg). Climat : Les saisons sont inversées par rapport à l'Europe : été, de novembre à mars l'hiver austral est la meilleure période pour les safaris (la végétation étant moins dense, les animaux sont plus visibles). L'été est idéal pour visiter la côte (du Cap à Port-Elizabeth), outre celles du Cap, des plages aménagées se trouvent au sud de Durban. Au printemps, les températures sont encore clémentes ; d'avril à juin, elles sont très agréables.
Le climat est du type méditerranéen autour du Cap et tropical dans le nord. Alors que la côte est est exposée aux masses d'air humide venues de l'océan Indien, le littoral atlantique est aride. Malgré des écarts de température selon les régions, le temps est favorable toute l'année. Même si l'on observe quelques chutes de neige sur les sommets les plus élevés, l'Afrique du Sud est un pays sec et chaud, qui compte de nombreuses journées d'ensoleillement. Les précipitations annuelles sont de l'ordre de 500 mm. La province du KwaZulu-Natal connaît un climat subtropical, avec un taux d'hygrométrie important l'été. La partie méridionale du Mpumalanga a, elle, des étés très chauds, avec parfois des orages violents ; tandis que la partie septentrionale de la région (le Lowveld) bénéficie d'hivers doux.

Observations géographiques
La République d´Afrique du Sud est l'Etat le plus méridional de l'Afrique australe. Ce grand pays (équivalent du Tchad ou de l'Éthiopie) a des frontières communes avec la Namibie, le Botswana, le Zimbabwe, le Mozambique et le Swaziland ; l'océan Indien en baigne la côte est, l'Atlantique, la côte ouest (en tout, près de 3 000 km de littoral). La plaine côtière est étroite (et discontinue à l'est) ; elle est surplombée par des escarpements étagés (la chaine du Drakensberg culmine à plus de 3 000 m), qui encadrent un large plateau central (altitudes entre 1 200 et 1 800 m). Situé dans le centre-est du pays, le Lesotho n'est pas une province de l'Afrique du Sud ; c'est un Etat indépendant, formant une petite enclave de 30 355 km². Les quatre plus grandes villes sont Le Cap (2 984 100 habitants), Durban (2 531 300 habitants), Johannesburg (1 975 500 habitants) et Pretoria (1 473 800 habitants). Seuls 10% environ du territoire sont cultivables ; 60% sont très arides, voire désertiques (désert du Namib, au nord-ouest du pays).
Economie : Par son poids économique (plus du quart des richesses produites en Afrique ; premier producteur mondial d'or et de platine), la valeur de ses équipements, la qualité de sa main-d´oeuvre, l'Afrique du Sud a une influence continentale. Elle présente un profil de développement accusé. La vie économique combine libéralisme et intervention de l'Etat (réforme agraire, politique de discrimination positive…). Cependant, la fin de l'apartheid réclamait de nouveaux équilibres, délicats à établir. La dernière décennie fut donc une période de transition et de tâtonnements. La production électrique, quelque peu négligée, doit être relancée. Le taux de chômage au sens du FMI est de 23% (2008) et 8,8% de la population vivraient sous le seuil de pauvreté. En revanche, le taux de croissance, constant autour de 4% depuis 1994, offre de réelles perspectives. Structure du PIB (2007) : agriculture, 2,8% ; industrie, 31,2% ; services, 66%.

Faune et Flore : Bien que la plupart des grands animaux soient maintenant concentrés dans les parcs nationaux, en particulier l'immense parc Kruger, la pointe de l'Afrique regorge de bêtes sauvages. L'Afrique du Sud abrite les trois plus grands mammifères terrestres : l'éléphant, le Rhinocéros blanc et l'hippopotame (avec les deux premiers, le Buffle de Cafrerie, le lion et le léopard constituent les Big Five) ; le plus haut : la girafe ; le plus rapide : le guépard ; le plus petit : la Musaraigne pygmée. Et puis, il y a l'Oryx gazelle, le Grand Koudou, le Gnou bleu, l'Impala, le steenbok, etc. On dénombre 900 espèces d'oiseaux, dont 113 sont originaires du continent. Citons l'autruche, l'Aigle ravisseur, le Circaète à poitrine noire, le Grand-duc africain, le Drongo brillant, l'Ibis hagedash, le Bucorve du sud, l'Outarde à ventre noir, le Martin-pêcheur pie, le Tisserin gendarme, le Choucador à épaulettes rouges… La politique de protection est ferme.
Quant à la flore, elle est l'une des grandes richesses du pays. Représentant à elle seule 10% de la flore mondiale, elle compte plus de 22 000 espèces. La savane (plantes herbacées, arbustes épineux, acacias) domine, surtout sur le Highveld. Elle devient broussailleuse et arborée dans le nord-est, les baobabs apparaissent. Le fynbos (maquis) est typique de la région du Cap, il se compose de plus de 8 000 espèces de plantes, pour la plupart endémiques. En revanche, la forêt tempérée a disparu. Les plaines côtières humides du KwaZulu-Natal ont encore un couvert forestier préservé (ajoutons également les Knysna-Amatole montane forests, dans les provinces de Western et Eastern Cape). Les zones de mangrove sont, pour l'essentiel, situées à l'est et au sud-est ; elles abritent encore le Crocodile du Nil, le Rhinocéros noir, le Serval… Parcs nationaux et réserves naturelles représentent, sans nul doute, le plus grand attrait de l'Afrique du Sud. Tous disposent de camps, qui offrent des formules d'hébergement variées. La circulation automobile est possible dans la plupart des parcs.

Histoire

Lorsqu'en 1488, le navigateur portugais Bartolomeu Dias, menacé de mutinerie, aborde à la région du Cap (qu'il nomme cap des Tempêtes, à quoi le roi Jean II préfèrera Cabo da Boa Esperança - cap de Bonne Espérance), l'histoire de l'Afrique du Sud ne commence pas. Les Portugais opteront pour le Mozambique. Il faut attendre le milieu du XVIIe siècle, pour que la Compagnie des Indes néerlandaise entreprenne d'établir au Cap un port d'étape pour ses bateaux. Quelques centaines d'hommes s'installent tant bien que mal et prennent contact avec les chasseurs-cueilleurs (Khoisan) qui courent le pays. Lorsque, saisi d'inquiétude religieuse, Louis XIV révoque l'Edit de Nantes, quelques dizaines de huguenots français rejoignent la colonie, où ils entreprennent de planter des vignes. L'agriculture réclame des bras : on fait venir des esclaves (d'Afrique et d'Asie). En 1706, première révolte des colons contre l'administration ; certains s'enfoncent dans l'arrière-pays . Affrontements répétés avec les Khoisan et, bientôt, avec les agriculteurs Xhosas (bantous). En Europe, la Hollande s'étiole. La Grande-Bretagne annexe la colonie du Cap en 1814, sans développer de grands projets de peuplement. Cette colonie s'étend comme malgré elle. Mais bientôt, le fossé se creuse entre Boers et Anglais, à propos, entre autres, du statut des Hottentots (les Khoisan) et des esclaves. Les suites de l'abolition de l'esclavage (1833) par l'administration britannique provoqueront le départ de plusieurs milliers de fermiers boers vers l'intérieur (Grand Trek - 1835). Ils entrent en collision avec l'empire zoulou qu'a établi le roi Chaka (règne, 1816-1828) ; le Natal est fondé dans le sang (victoire boer de Blood River sur les Zoulous, 16 décembre 1838). A l'est de la colonie du Cap, les Anglais mènent plusieurs guerres contre les Xhosas et créent la « cafrerie », qui sera intégrée à l'administration du Cap en 1866. Poussés par les Britanniques, qui annexent le Natal, les Trekboers repartent et fondent deux Etats nouveaux (le Transvaal et l'Etat libre d'Orange). Mais l'or du Transvaal, l'impérialisme Britannique et l'inflexibilité idéologique boer provoquent trois guerres anglo-boers à partir de 1880 (au cours desquelles les Anglais inaugurent l'ère des camps de concentration). Aux termes du traité de Vereeniging (31 mai 1902), les citoyens des républiques boers sont devenus des sujets britanniques. L'âme de la résistance, le président du Transvaal Paul Kruger, meurt en exil (le jour de sa naissance sera férié jusqu'en 1994). Le 31 mai 1910, est instaurée l'Union de l'Afrique du Sud, un dominion qui en coordonne les différents Etats. Le territoire sera complété par l'annexion de la Deutsch-Südwestafrika (jusqu'à l'indépendance de la Namibie, en 1990).
Dans ce cadre, promotion des Afrikaners (blancs) et ségrégation des noirs vont de pair. L'ANC - African National Congress - est créé en 1912 ; ce sera le fer de lance du combat pour l'égalité. La marche à l'apartheid (« séparation ») aboutit pourtant en 1948. La suprématie blanche devient un système (développements séparés, sur une base raciale) qui ne cesse de se renforcer. La République est proclamée le 31 mai 1961 (l'Afrique du Sud quitte le Commonwealth). Décennies apartheid, les années 60 et 70 voient pourtant l'opposition bénéficier du relai de la réprobation internationale. L'isolement politique et économique menace la RSA. Pour les réformateurs afrikaners le système devient contreproductif ; ils vont en négocier la fin. Frederik de Klerk prend les commandes en 1989. Début 1990, la libération de Nelson Mandela (emprisonné depuis 1962) suit logiquement la légalisation de l'ANC ; des discutions sont engagées. Les dernières lois d'apartheid sont abolies courant 1991 ; en 1992, c'est le « oui » blanc aux réformes. Aux élections multiraciales de 1994, Mandela est élu président de la République.

.