Botswana (1996 - 2016)

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Le Botswana a une superficie de 600 372 km² pour une population de 1 700 000 hab. La langue officielle est l’anglais, les langues parlées : Tswana, Shona, Khoisan. Religions : Christianisme (60 %), Islam, Animisme. La capitale est: Gaborone les principales villes, Francistown, Lobatsi, Serowe, Selebi-Pikwe, Tutume, Bobonong. Les pays limitrophes : Afrique du Sud, Namibie, Zambie, Zimbabwe, le point culminant : Tsodilo Hill 1 489 m. Le delta de l’Okavango possède une faune abondante, pas toujours facile à observer. Le parc de Chobé détient une forte population d’éléphants.

Le delta de l'Okavango, ou parfois marais de l'Okavango, est le second plus grand delta intérieur du monde (18 000 km²) après le delta intérieur du Niger . Situé dans le nord du Botswana, la région faisait jadis partie du lac Makgadikgadi, disparu il y a environ 10 000 ans. Aujourd'hui l'Okavango n'a pas d'embouchure maritime. Il se déverse dans le désert du Kalahari, irriguant15 000 km2 de celui-ci. Plusieurs millions d'îles se sont formées autour des termitières ou des bouquets de végétaux qui retiennent les alluvions. Vingt-quatre espèces d'échassiers nichent dans les îles. Certaines colonies sont simplement établies sur un figuier aquatique, le gomoti sous lequel s'abritent crocodiles et hippopotames. Chaque année environ 11 km3 d'eau coulent au delta ; une fraction crée le lac Ngami, plus au sud.
L'eau du delta est très pure en raison du peu d'agriculture et d'industrie sur les rives de l'Okavango. Il passe par les aquifères de sable des nombreuses îles et s'évapore en laissant d'énormes quantités de sel. La saturation de sel est tellement forte que la végétation est inexistante au centre des îles, où se forment des « croûtes » de sel.
Les eaux inondent la région de manière cyclique, au milieu de l'été austral et six mois plus tard dans le sud. L'eau est vite évaporée en raison des températures élevées, créant des cycles de profondeur haute/basse dans le sud de la région. Les îles peuvent disparaître sous les eaux pendant les périodes d'inondation pour réapparaître à la fin.

CHOBE. Avec une surface de près de 11 000 km², le parc animalier de Chobe est le troisième parc du Botswana par sa taille, après la Réserve du Kalahari Central et le Gemsbok National Park. La réserve de Chobe, qui compte plus de 250 espèces d’animaux, est très célèbre pour ses nombreux éléphants : environ 40 000 vivent dans la réserve. 

Données historiques

L'histoire du Botswana remonte à l'âge de pierre. Plus de 2000 sites archéologiques y ont déjà été identifiés, et pourtant seule une centaine d'entre eux a fait l'objet de fouilles. Le territoire de l'actuel Botswana est habité par les Bochimans depuis la préhistoire, c'est-à-dire au début de notre ère. Puis ces derniers ont été en grande partie déplacés par les Bantous Tswana qui ont émigré dans la région au début du XIXe siècle. Les Tswana se divisèrent en trois groupes: les Pedi au Transvaal, les Basotho dans l'actuel Lesotho et les Basutho de l'ouest (ou Tswana) au Bechuanaland qui deviendra plus tard le Botswana. Entre le moyen age européen et le XVIIIe siècle, de nombreux autres peuples s'installèrent dans la région. Soulignons aussi que des Heréro fuyant la domination allemande (en Namibie) s'ajoutèrent au contingent. Puis des missionnaires, dont David Livingstone et Robert Moffat, pénétrèrent le territoire au cours de la première moitié du XIXe siècle. Ils réussirent à convertir peu à peu les Tswana à l'anglicanisme, mais les initièrent très peu à l'anglais. Néanmoins, ces missionnaires développèrent l'instruction et aidèrent les Tswana à obtenir la protection britannique contre l'avancée des Boers dans la région. Le territoire fut placé sous protectorat britannique alors le Bechuanaland en 1885, à la demande des chefs Tswana inquiets de la pénétration des Boers de la république du Transvaal, mais la capitale fut placée hors du Bechuanaland, plus précisément à Mafeking en Afrique du Sud. La Grande-Bretagne voulut confier l'administration du Bechuanaland à la British South Africa Company, dirigée par le riche financier Cecil de Rhodes. Des chefs Tswana se rendirent à Londres plaider pour le statu quo. La Grande-Bretagne accepta les exigences des autochtones, mais accorda à Rhodes une bande de terre pour y construire sa ligne de chemin de fer «Le Cap-Le Caire».

Évidemment, l'administration britannique introduisit l'usage de l'anglais, mais la population locale n'en subit pas l'influence, car l'administration coloniale avait, par nécessité, fait du Tswana la langue véhiculaire parce qu'elle rejoignait jusqu'à 90 % de la population. L'anglais était une langue de travail pour le gouvernement, les tribunaux et les rares écoles. La colonisation britannique fut plutôt paisible et se déroula sans histoire. Après la victoire des Britanniques dans la guerre des Boers, la Grande-Bretagne créa l'union sud-africaine en 1910. La nouvelle colonie proposa d'absorber le Bechuanaland, mais les chefs Tswana s'y opposèrent. Les Britanniques créèrent le Conseil consultatif africain en 1920, ce qui donnait aux Tswana une voix au gouvernement du protectorat. Durant les deux guerres mondiales, des contingents du Bechuanaland qui deviendra le Botswana servirent outre-mer et, à leur retour, exercèrent une grande influence sur les changements économiques et politiques à venir. Ce sont eux qui introduisirent l'anglais dans les affaires du pays. Les premières élections législatives ont eu lieu en 1961.

En 1966, la Grande-Bretagne accorda l'indépendance à la colonie sous le nom de Botswana, malgré l'opposition de l'Afrique du Sud. Sir Seretse Khama prit la présidence de la nouvelle république du Botswana. Le gouvernement reconduisit l'anglais dans son statut de langue officielle, bien que l'ensemble de la population puisse parler d'autres langues, il paraissait plus simple de reconduire le statut de l'anglais pour faire fonctionner l'état. Par la suite, les dirigeants ont tout fait pour promouvoir la langue nationale le tswana. On fonda même le Conseil de la langue Tswana afin d'en assurer le développement technique de la langue, particulièrement en ce qui concerne la construction des corpus. Trois ans après l'indépendance, en 1969, le problème de la discrimination linguistique fut évoqué par les membres du Parlement: c'est que la promotion du Tswana se faisait aux dépens des autres langues nationales, dont le kalanga, la plus importante langue minoritaire du pays. Le problème sera soulevé à nouveau en 1988, puis en 1995. Entre-temps, beaucoup de locuteurs botswanais ont perdu leur langue ou ne la parleront plus à leurs enfants.

À la suite de la découverte de diamants à Orapa, le pays devint l'un des principaux producteurs de cette matière précieuse. Non seulement l’extraction minière donna au pays une certaine aisance financière, mais le gouvernement, sous l’impulsion des organisations financières internationales, mit en place des politiques économiques judicieuses qui ont assaini durablement les finances publiques. Autrement dit, le pays eut la chance d'être bien géré. Sir Seretse Khama fut réélu trois fois. Bien qu'opposé à l'ancienne politique d'apartheid de son voisin sud-africain, le Botswana maintint, pour des raisons de dépendance économique, des relations étroites avec celui-ci. Depuis l'émergence de la nouvelle Afrique du Sud, le président Quette Masire, en poste depuis 1980, milita pour une «interdépendance équilibrée» envers son puissant voisin au sein de la communauté de développement de l'Afrique australe (SADC). En 1999, Festus Mogae fut élu président qui s'est engagé à améliorer l'économie du pays et a tenté d'enrayer l'épidémie de sida. Selon l'organisation mondiale de la santé, près de 25 % de la population adulte du Botswana serait contaminée par le virus. Bien que dépendant totalement de l'Afrique du Sud pour l'exportation de ses richesses, le Botswana a réussi à préserver son indépendance durant les années de lutte contre l'apartheid. Festus Mogae, qui remporte ensuite l'élection de 1999 et est réélu en 2004. Le président suivant est le lieutenant-général Seretse Khama Ian Khama qui entre en fonction 2008, en prévision des élections de 2009. Il est le fils du premier président du Botswana, et un ancien chef de l'armée du Botswana (BDF).

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