ETHIOPIE 2006

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Une superficie de 1 221 000 Km², pour 75 000 000 d’habitants, sa capitale est Addis-Abeba. Langues parlées: Amharique, qui est la langue officielle, Galligna, Tigrinya, Oromo, Welamo.  
Point culminant: Ras Dashen Terara 4 620 m. L'Éthiopie est considérée comme l'un des berceaux de l'humanité. C'est en effet dans la vallée de l'Aouach que l'un des plus anciens hominidés. La cité impériale fortifiée regroupant les superbes châteaux, malheureusement vides, des nombreux rois ayant régné sur le royaume.
-L'église de Debré Birham (Behran Selassie) décorée de magnifiques peintures située au sommet d'une colline, les bains des Fasilades, lieu de détente des rois de Gondar .     Les Religions: Christianisme, Islam, Judaïsme, les Pays limitrophes: Soudan, Érythrée, Djibouti, Somalie, Kenya.

Gondar

Perché à plus de 3 000 mètres, dominé par les Monts Siemens culminant à plus de 4 600 m d'altitude le plateau du Tigrée (Tigray) offre des paysages vertigineux et grandioses. Ici dans un silence absolu, s'étale à l'infini dans un manteau de brume un tapis de hauts plateaux en escaliers aux roches dénudés où s'accrochent quelques poches de verdure, que cisaille un labyrinthe de gorges profondes et de vallées encaissées. C'est dans cette région que l'on découvre la légendaire Axoum, ville de la reine de Saba et du roi Salomon, vieille de 4 000 ans et d'innombrables chapelles taillées dans le roc et  fresques admirables .

Parc National de Siemens

Ce parc dont le nom signifie "nord" en amharique, inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco, couvre une superficie de 179 km².  Ce sanctuaire perché à une altitude variant  entre 4 000 à 4 543 m (entre Axoum et Gondar) est devenu le refuge des derniers bouquetins walia, animal endémique d'Éthiopie qui  vit à plus de 2 500 m d'altitude.  On y observe également des colonies de geladas (sorte de babouin) des chacals du Siemens, appelé aussi le loup d'Abyssinie. Ces trois espèces endémiques éthiopiennes sont malheureusement menacées de disparition. Le parc héberge également de nombreuses espèces d'oiseaux dont l'impressionnant vautour barbu, dont l'envergure peut atteindre 2 mètres.

 Fasil Guebi

Lalibela, la Ville Sainte aux 12 églises monolithiques. Cette ville est née de l'ambition du roi Lalibela qui voulut faire de sa capitale une "nouvelle Jérusalem", à une époque où les voyages au Proche Orient devenaient périlleux pour les chrétiens en raison des victoires des dynasties islamiques notamment celle de la prise de Jérusalem par Saladin au début du 12ème siècle. 

C'est ainsi qu'au 13eme siècle, 20 000 hommes armés de ciseaux et marteaux (ou des anges) ont creusé dans le rocher 12 églises en 23 ans à 2 480 m d'altitude et réparties de chaque coté du canal Yordanos (Jourdain). Aujourd'hui Lalibela, cité de 10 000 habitants, est devenue  La ville sainte et le plus important lieu de pèlerinage d'Éthiopie. Parmi ces églises, citons celles de la très célèbre Bieta Ghiorghis ou "maison Saint-Georges", édifiée selon un plan en croix grecque, excavée à même le roc et à laquelle on accède par des souterrains débouchant sur une cour. Un peu partout dans le province de Tigray, on trouve des églises monolithiques dissimulées des regards, à une époque où la puissance de l'Islam menaçait l'existence même de la chrétienté.

Addis Abeba est en effet une ville relativement récente, âgée d’un peu plus de 100 ans. Néanmoins, c'est la descendante de nombreuses autres capitales: Yeha (500 avant JC), la grandiose et resplendissante Axoum, capitale pendant près de 1 000 ans, Lalibela (2 300 ans), Gondar (plus de 200 ans) et les plus récentes et éphémères Ankober, Debré Tabor et Addis Zemen.  Addis est une grande métropole s'étendant sur plus de 250 km² et possédant une population estimée à près de 3 millions d'habitants . Établie entre 2 200 et 2 500 m d'altitude, c'est la troisième plus haute capitale du monde. Située entre le Tropique du Cancer et l'equateur, elle bénéficie d'un climat très agréable de printemps permanent. Située à 4° de longitude et 18° de latitude, la ville a une moyenne annuelle de 1 153 mm de pluie et une température moyenne de 15°C. Elle a également été appelée "la ville dans la forêt" de part ses grandes étendues de verdure, notamment composées d'eucalyptus.  Addis est le point de rendez-vous de la vie nationale du troisième pays le plus peuplé d'Afrique.

Axoum : La Reine de Saba, la contemporaine du Roi Salomon, est la Reine d' Axoum, le premier royaume connu de l'Éthiopie. On trouve les vestiges de ses palais à Axoum comme au Yémen. C'est ici, en 330 après J.C. que le Roi Ezana et son entourage embrassèrent la foi chrétienne. Axoum se déclare la gardienne de l'arche de l'alliance ( les 10 commandements de Moïse) jusqu'à aujourd'hui. Les moyens utilisés pour les réalisations des gigantesques stèles d'Axoum nous intrigue toujours. La pierre d'Ezana, découverte récemment porte des inscriptions en trois langues ( geéze, sabian et grec ), qui nous racontent les exploits du Roi.

 Le triangle des Afars

Le territoire AFAR, du nom des tribus qui en sont pratiquement les seuls habitants est situé pour sa plus grande surface au nord de l'Éthiopie. Cette région inhospitalière d'une superficie d'environ 156 000 km², limitée au nord par le volcan Alid et au sud par la Somalie. Le triangle des Afars (Est Éthiopie et République de Djibouti) est une région clé pour la compréhension de la tectonique des plaques. En effet, trois structures géologiques s'y rejoignent :

  La mer Rouge, qui prolonge la zone transformante du Jourdain, le golfe d'Aqaba et le golfe de Suez.

  La dorsale de Carlsberg de l'océan Indien, qui pénètre dans golfe d'Aden jusque dans la région de Tadjoura .

 Le fossédu rift est africain et ses grands lacs d'effondrement (Tanganyika, Malawi).

La jonction a été favorisée par l'activité d'un point chaud  il y a 30 millions d’années. Celui-ci a induit l'épanchement d'une gigantesque quantité de laves, constituant un empilement de coulées (trapps) de plus de 2 km d'épaisseur sur les hauts plateaux d'Éthiopie et du Yémen. Depuis la région ne cesse de s'écarter à la vitesse moyenne de l’ordre de un centimètre par an (phénomène de « rifting »), annonçant la naissance d'un futur océan. D'ailleurs les altitudes sont souvent négatives (- 155 m au lac Asal à Djibouti). Les produits volcaniques (basaltes « transitionnels tholéiitiques » mais aussi des rhyolites et des obsidiennes) forment une croûte nouvelle, d'affinité océanique, observable « à pieds secs » à cause du climat désertique. Actuellement l'activité volcanique se cantonne au niveau d'une chaîne axiale, en forme de Y renversé, orientée NNO-SSE. La branche ouest, entièrement éthiopienne où se situent les sites de Dallol et de l’Erta Ale, se dirige vers le lac Abbé. La branche est, atteint Djibouti en novembre 1978, une crise volcanique (éruption de l'Ardoukoba), sismique et tectonique, s'est traduite, localement, par un écartement maximum de 2,40 m, un effondrement du plancher du rift de 70 cm et un relèvement des bordures de 18 cm.  Au lac Abbé dans la République de Djibouti, les dépôts hydrothermaux construisent d’étranges cheminées rocheuses.
Les processus géodynamiques vont modifier significativement cette région au cours des prochains millions d'années. L’Afrique pourrait même se couper en deux, en une grande plaque nubienne à l’est et une plus petite plaque somalienne à l’ouest
!

 DALLOL

Dallol et la dépression du Danakil. Séisme, fractures, rift, bassins, chaîne volcanique jalonnent la dépression Afar avec ses canyons tentaculaires fuyant du nord au sud. Au cours des temps géologiques, cette région a été alternativement noyée car en communication avec la mer Rouge et asséchée lors de la fermeture et de son isolement, ce qui explique son altitude négative d’environ - 123 m. Il constitue l'une des régions les plus chaudes de la planète. Si l'endroit est beau pour les yeux, le lieu est totalement inhospitalier pour la vie humaine. La température est de plus de 50°C à l'ombre et l'ombre est rare.

 De nombreux niveaux de sels se sont déposés en couches successives (épaisseur totale de 1 à 2 km), érodées ensuite en cheminées de fées. Ces roches, issues de l’évaporation de l’eau de mer, sont appelées évaporites, telles que le sel gemme. La croûte de sel du lac est débitée en plaquettes, transportées ensuite par des caravanes de dromadaires. Un site vraiment étonnant est perché au milieu du lac salé. Son altitude reste néanmoins négative (- 48 m). Des vasques d’eaux géothermales acides présentent tous les tons de jaune, du jade à l’émeraude. Le soufre et le sel forment des terrasses et de petits geysers jaillissent. Les températures maximales des eaux ont été mesurées à 70 degrés. Celle-ci résulte de l’interaction entre l’eau et des gaz magmatiques: acide sulfurique. Une éruption a eu lieu dans ce secteur en 1926.  
Cette importante zone volcanique se caractérise par des émissions de fumeroles. Les gaz ont du traverser une importante couche de sel et de potasse avant de parvenir à l'air libre. Les dépôts ont formé de petites concrétions jaunes et orange . Très peu visité jusqu'à présent, le site est encore intact, mais les formations sont très fragiles.

Erta Ale
Situé dans le désert le plus chaud et le plus inhospitalier de la planète ce volcan bouclier de 50 km de diamètre qui culmine à 613 m est en activité éruptive permanente.
La chaîne de l’Erta Alé est, parmi les chaînes axiales de l’Afar, la plus grande et la plus caractéristique (du nord au sud, plus de 95 km et 42 km de large). Elle est localisée le long de l’axe de la partie septentrionale de la dépression Danakil et comprend six massifs volcaniques, (du N au S : Gada Ale, Alu-Dala Filla, Borale Ale, Erta Ale, Hayli Gubbi, Ale Bagu). Les âges des roches affleurantes sont compris entre 1,2 millions d’années et l'actuel. Le volcan Erta Ale proprement dit (Ale signifie « montagne » et Erta « qui fume »), situé à environ 90 km au SE de Dallol, culmine à 613 m. Son sommet s’est effondré en une caldeira elliptique, de 1,6 x 0,7 km. À l’intérieur de celle-ci, coexistent deux cratères puits, l’un de 400 m de diamètre, dans la partie nord de la caldeira, l’autre de 200 m en position centrale. Ceux-ci ont souvent abrité un lac de lave, phénomène pourtant rarissime dans le monde.

 Le lac Assal

Assal est en effet une curiosité naturelle d'une grande beauté, dans un cadre de volcans et de laves noires, bordé de banquises de sel et de gypse d'une éblouissante blancheur. Tout près du lac s'élèvent plusieurs volcans, dont le plus récent, l'Ardoukoba, date seulement de 1978, dans un paysage d'apocalypse absolument fantastique. Enfin à quelques kilomètres se trouve la vaste baie du Goubet-al-Kharab, encerclée de falaises verticales, qui communique avec la mer par une passe étroite : c'est le fond du golfe de Tadjourah, dit "gouffres des démons".  Le Lac Assal figure parmi les plus étonnants phénomènes du globe. A des époques reculées, selon certains géologues, il communiquait avec le Goubet et la baie de Tadjourah. De nos jours, il en est séparé par une zone volcanique de 7 kilomètres, mais il serait alimenté en eau de mer par des lignes de fractures souterraines, ce qui compenserait l'intense évaporation que connaît le lac.
Cette dépression, puisqu'elle se situe bien en dessous du niveau de la mer, constitue le point le plus bas du continent africain, et le troisième du monde après la Mer morte, cuvette qui sépare Israël de la Jordanie (-400 mètres) et le Lac Tibériade (-208 mètres). A titre de comparaison, les dépressions américaines ne vont pas au dessous de -90 mètres (Lac Salton) ou -85 mètres (Vallée de la Mort). Quand à l'Europe, elle doit se contenter des -7 mètres de quelques polders hollandais.

 Histoire

 L'Éthiopie est considérée comme l'un des berceaux de l'humanité. C'est en effet dans la vallée de l'Aouach que l'un des plus anciens hominidés, Lucy, âgé d'environ 3 millions d'années, fut découvert.
- Premier millénaire avant J.-C. : Des immigrants arabes du royaume de Saba traversent la mer Rouge et se mêlent avec les populations chamitiques des hauts plateaux du Tigré. Le métissage entre les deux peuples constitue la base de la population chamito-sémitique actuelle.
- 325 : Fondation du royaume d'Aksoum qui est gouverné par la dynastie salomonide, dont les représentants affirment descendre du roi Salomon et de la reine de Saba.
- IV
ème siècle : Conversion d'Aksoum au christianisme. Le royaume prospère pendant plusieurs siècles.
- A partir du VIIème siècle: Le royaume chrétien d'Aksoum, isolé par l'expansion de l'islam, décline, et les salomonides en perdent peu à peu le contrôle.
Premières années du Xème siècle : les salomonides sont renversés et remplacés par la dynastie Zagoué, issue d'une région du plateau central.
- Seconde moitié du XIIIème siècle : Les salomonides parviennent graduellement à rétablir leur autorité sur une grande partie de l'Éthiopie, mais les musulmans gardent le contrôle de la zone côtière et du Sud-est.
- XVème siècle : Sous le règne de Zara Yacoub, l'administration de l'Église d'Éthiopie, divisée en plusieurs factions, est réformée et les doctrines religieuses codifiées. C'est vers cette époque que naît un système politique qui durera jusqu'au milieu du XXème siècle, caractérisé par une monarchie absolue avec, à sa tête, un roi qui se proclame empereur "négus".
L’influence européenne

L'influence européenne

- 1527 : Lorsque des musulmans venus d'Harar envahissent l'Éthiopie, le négus demande l'aide des Portugais.
- 1542 : Les musulmans sont vaincus. L'appel du négus est suivi de tentatives de catholicisation de l'Éthiopie par les missionnaires jésuites : elles provoquent des troubles politiques et sociaux chez les coptes pour lesquels la foi monophysite est indissociable de l'identité éthiopienne.
- XVIIème siècle : Renaissance artistique de la culture éthiopienne, qui se trouve exposée aux influences de l'Europe occidentale et du monde musulman, notamment sous le règne de Yasous (1682-1706). A la mort de ce dernier, l'Éthiopie connaît une longue période de confusion dynastique et de déclin, durant laquelle le pays se morcelle. La seule force d'unification durant cette période est l'église d'Éthiopie.
- Décennie 1870 : Le principal ennemi extérieur de l'empire est l
'Égypte.
- 1875 : le khédive Ismaïl Pacha étend la protection égyptienne au souverain musulman de Harar et lance une attaque contre l'Éthiopie. Le négus Ménélik II, qui établit sa capitale à Addis-Abeba, restaure la grandeur des salomonides en réunifiant le royaume éthiopien.
- 1869 : Avec l'ouverture du canal de Suez, la côte de la mer Rouge est livrée à la convoitise des puissances européennes, l'Italie, la France et la Grande-Bretagne, soucieuses de contrôler le bon passage de leurs navires.
- 1872 : L'Italie s'empare du port d'Assab.
- 1885 : L'Italie s'empare du port de Massaoua.
- 1889 : Ménélik II signe avec les Italiens le traité d'Ucciali, en théorie un traité d'amitié et de coopération, mais dont la version italienne diffère de la version amharique. Les Italiens revendiquent ainsi le protectorat sur tout le territoire éthiopien.
- 1895 : La guerre éclate entre les deux pays et les forces italiennes sont vaincues à Adoua l'année suivante. L'Italie doit reconnaître l'indépendance de l'Éthiopie et les frontières telles qu'elles résultent de l'expansion de Ménélik - elles correspondent aux frontières actuelles.
Le successeur de Ménélik, Tafari Makonnen, est désigné comme héritier et lui succède sur le trône sous le nom d'Haïlé Sélassié 1er.
- 1931 : Il dote l'Éthiopie de sa première Constitution. L'arrivée au pouvoir, à Rome, de Benito Mussolini, réveille les ambitions italiennes.
- Octobre 1935 : Les troupes du Duce envahissent l'Éthiopie. Malgré les protestations de la Société des Nations (SDN), Addis-Abeba tombe aux mains des envahisseurs.
- Mai 1936 : Mussolini proclame empereur d'Éthiopie le roi d'Italie, Victor Emmanuel III. Haïlé Sélassié doit fuir le pays.
- 1941 : Haïlé Sélassié retrouve son trône avec l'aide des Britanniques.
- Fin de la Seconde Guerre mondiale : Les Nations Unies prennent en charge le dossier des anciennes colonies italiennes.
- 1952 : Les Nations Unies optent pour la fédération de l
'Érythrée et de l'Éthiopie.
- 1962 : Haïlé Sélassié met un terme à l'autonomie de l
'Érythrée qui devient une province éthiopienne. Il s'ensuit la création d'un mouvement de résistance national, le Front de libération érythréenne (FLE), qui participe au renversement du régime éthiopien, trente ans plus tard, et obtenir l'indépendance de l'Érythrée.
- Années 1960 : Haïlé Sélassié qui règne autoritairement malgré quelques timides efforts de libéralisation, s'intéresse de plus en plus aux affaires étrangères.
- 1963 : Il joue un rôle de premier plan dans la formation de l'Organisation de l'Unité Africaine, dont le secrétariat est établi à Addis-Abeba. Cependant, cette décennie marque aussi le début des conflits avec la
Somalie autour de la province de l'Ogaden, et avec le Soudan, accusé par l'Éthiopie de soutenir le mouvement des indépendantistes érythréens. Néanmoins, Haïlé Sélassié néglige les problèmes intérieurs de l'Éthiopie : inégalités, sous-développement, famines.
- 1974 : Renversement d'Haïlé Sélassié.
Le régime de Mengistu
- Février 1974 : Importantes manifestations.
- Septembre 1974 : Destitution d'Haïlé Sélassié puis constitution d'une junte militaire, le "Derg", dont les premières mesures sont la nationalisation de l'économie et l'abolition de la monarchie.
- 1975 : Le lieutenant-colonel Mengistu Haïlé Mariam s'affirme comme la principale figure politique du pays.
- 1977 : La province de l'Ogaden fait sécession. Le conflit s'internationalise avec le soutien apporté par la
Somalie aux rebelles et l'appui accordé par Cuba et l'URSS au gouvernement éthiopien. Le régime est, dans le même temps, engagé dans des opérations militaires en Érythrée, au Tigré et dans le pays oromo, au sud-ouest.
- 1984-1985 : Une terrible famine ravagea le nord-ouest du pays.
Début des années 1990 : L'effondrement du bloc soviétique et, par voie de conséquence, la fin de l'aide en provenance des pays de l'Est affaiblissent considérablement le régime de Mengistu.
- 1990 : Deux mouvements rebelles alliés, le Front démocratique révolutionnaire du peuple éthiopien (FDRPÉ, ancien Front de libération du peuple du Tigré, restructuré et rebaptisé), et le Front de libération du peuple érythréen, FLPÉ, séparatiste, prennent le contrôle des provinces du Nord. Le FDRPÉ entre dans Addis-Abeba sans rencontrer d'opposition et installe un gouvernement national intérimaire. Sous la présidence de Meles Zenawi, le nouveau gouvernement doit entreprendre la lourde tâche de reconstruire la nation. De son côté, le FLPÉ établit un gouvernement provisoire en
Érythrée, que le nouveau gouvernement éthiopien a reconnue comme indépendante. La guérilla se poursuit cependant dans le pays oromo et l'Ogaden.
Depuis la chute de la dictature, la nouvelle Éthiopie essaie d'exorciser son passé. L'extradition de Mengistu, réfugié au
Zimbabwe, a été refusée par le gouvernement de Robert Mugabe.
- 1995 : Plus de 1 800 procès contre des responsables d'assassinats politiques (vraisemblablement entre 20 000 et 30 000 de 1974 à 1991) sont en cours. Sur le plan régional, les relations se sont tendues avec le
Soudan, les forces sudistes bénéficiant de la bienveillance tacite de l'armée éthiopienne. Les relations avec Djibouti sont normalisées, ce qui privent les opposants afars au régime djiboutien d'un sanctuaire.
- Avril 1995 : Un accord est signé avec
l'Érythrée, faisant des deux pays une zone de libre-échange. L'économie se porte mieux, les recettes de l'état sont toujours tributaires du café (50 %).
- 1997 : Les récoltes de tef (une variété de mil, base de l'alimentation) sont excellentes.
- Mai-juin 1998 : Un conflit armé, déclenché notamment par la création d'une nouvelle monnaie érythréenne, éclate entre les deux pays à l'initiative de l'
Érythrée. Opposé à l'Éthiopie, l'Érythrée occupe des territoires éthiopiens qu'elle revendique sur la base de frontières délimitées à l'époque coloniale. L'Érythrée doit se retirer de la région de Badmé où l'Éthiopie remporte une victoire militaire. Les diverses tentatives de médiation échouent, et les belligérants tentent d'impliquer les clans somaliens, eux-mêmes en conflit, dans leurs querelles. Cependant les deux pays tentent de s'accorder sur un nouveau plan de paix proposé par l'Organisation de l'Union Africaine.
- 16 Juin 2000 : Les combats entre l
'Érythrée et l'Éthiopie ont totalement cessé quand le secrétaire général de l'OUA, Salim Ahmed Salim, quitte Addis Abeba pour Alger, où il doit assister à la signature de l'accord de cessation des hostilités. L'accord prévoit le déploiement d'une mission de paix des Nations Unies, sous l'égide de l'OUA sur une "zone de sécurité", située à 25 km à l'intérieur du territoire érythréen. Après Alger, une nouvelle phase de négociations s'ouvrira pour régler le principal contentieux entre les deux états : la délimitation de leur frontière commune. La paix revenue, la situation des personnes déplacées pendant le conflit reste dramatique, surtout dans l'ouest de l'Érythrée.  Le régime actuel tente donc de consolider son pouvoir, relativement fragile, en s'opposant sur la scène internationale à l'Érythrée.

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