Mali (2004)

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Berceau des grandes civilisations africaines, La République du Mali est l’un des plus grands pays d’Afrique de l’Ouest et l’un des moins peuplés. Sa superficie est plus de deux fois celle de la France. Totalement enclavé dans les terres, le Mali est entouré par le Niger, le Burkina, la Côte-d’Ivoire le Liberia à l’est, la Guinée et le Sénégal au sud, la Mauritanie à l’ouest, et l’Algérie au nord. Le désert saharien occupe presque tout le nord du Mali, et le Sahel, une ceinture de désert semi-aride, s’étend sur une bonne partie du centre du pays. Le fleuve Niger remonte presque en lisière du Sahara avant de bifurquer vers l’est pour redescendre vers l’océan. Au sud, la confluence du Niger et du Bani donne naissance à un riche delta. C'est seulement dans la zone la plus méridionale qu’apparaissent des petites forêts naturelles, là où la pluie l’emporte sur la sécheresse. Le parc national de Baoulé, à 130 km au nord-ouest de Bamako, est pratiquement la seule zone de verdure du pays.

Les facteurs climatiques et écologiques se conjuguent pour enterrer le Mali sous des tonnes de sable : 65% du pays est désertique ou semi désertique. Cette désertification rapide est due aux sécheresses, aux pâturages excessifs, à l’érosion de la couche arable, à la rudesse des vents du désert et au pillage des arbres, utilisés pour faire du feu. La température, en particulier dans le nord, reste toujours très élevée. Elle dépasse souvent 40°C. La saison humide de juin à septembre ne concerne véritablement que le sud. Dans le Sahel, la pluie est variable, dans le nord inexistante. L’harmattan, un vent de sable qui souffle du désert entre décembre et février, couvre les villes des sables d’une fine couche de poussière.

Sa Population : 11 millions d’habitants, musulmans en majorité (75 %), essentiellement rurale et qui comprend plusieurs ethnies très diverses : Touaregs, Peuhls et Maures au nord, Bambaras, Dogons et Bozos au centre, Sarakolés à l’ouest, Songhaïs à l’est, Malinkés au sud. La forte mortalité infantile, malnutrition, faible degré d’alphabétisation et courte espérance de vie, c’est l’un des pays les plus pauvres au monde. Touareg ou « hommes bleus du désert » (ce nom leur vient de l’indigo de leurs vêtements ), les yeux ardents, une peau cuivrée, un foulard noir ou bleu indigo. appartiennent à un ancien peuple nomade qui continue à vivre dans le désert, réputé pour sa fierté, ses qualités guerrières et son artisanat. La sécheresse et de la politique du gouvernement ont sédentarisées les Touaregs. Quelques caravanes de chameaux surgissent encore soudainement à l’horizon avant de se fondre dans le désert. Les Bambaras à la peau très noire constituent le groupe ethnique le plus nombreux du Mali. Ils occupent généralement des postes de fonctionnaires. Ce sont les Dogons et les Touaregs qui conservent le mode de vie le plus traditionnel. Les Dogons sont un peuple de cultivateurs qui vit au bord d’un long et étroit escarpement dans le delta intérieur. Le pays Dogon a été classé patrimoine mondial de l’Unesco pour la richesse de sa civilisation. Les Dogons sont également réputés pour leur art, en particulier leurs masques spectaculaires qui correspondent à des rites complexes. Les Peuls : Chapeau conique, une peau plus claire comme du caramel, des scarifications sur les tempes, une teinture bleue autour des lèvres. Les Bozos : Premier peuple à habiter le Mali, des pêcheurs nomades, une peau très noire et des scarifications sur les pommettes.

Les Monts Hombori

Ce massif de 160 km de long peut se diviser en trois zones principales situées entre Douentza et Hombori. Elles se présentent sous forme d’aiguilles et de parois d’une hauteur allant entre 200 et 400 m. Elles présentent un périmètre estimé à 400 km de paroi. Ces trois zones sont: Zone du Dyounde : Pour l’escalade. La première constituée de parois et d’aiguilles allant jusqu’à 300 m de haut se situe entre Banikani et Kikara. La seconde comprenant des parois de près de 400 m se situe vers Gorwol Mangol. Le principal avantage de cette zone est d’être très massive et orientée, au nord ce qui préserve la fraîcheur et permet de grimper toute l’année. Zone de Boni Ensemble de massifs s’étendant d’ouest en est le long de la route qui mène à Hombori. Certains massifs comme Matakoyaré, Gaï, Dagana sont faciles d’accès et présentent des itinéraires intéressants sur leur versant nord (paroi jusqu’à 250 m ). Zone de Hombori Il s’agit de la zone la plus connue et la plus fréquentée par les grimpeurs, elle présente à elle seule une cinquantaine d’itinéraires parmi les plus beaux du massif.

ART : La musique traditionnelle du Mali est étroitement liée aux chants des griots (ou jalis ). Ces personnages, appartenant à une caste distincte depuis l’empire du Mali, ont pour fonction de chanter ou de raconter en s’accompagnant de musique, des histoires et légendes du passé. L’instrument favori des griots est la kora, une harpe comportant vingt et une cordes tendues sur un long collet en bois de rose que l’on fait vibrer avec le pouce et l’index. Saveurs recettes La cuisine du Mali ressemble beaucoup à celle du Sénégal, poulet yassa , du riz yollof (légumes ou viande cuite dans une sauce à l’huile et à la tomate) et du couscous. Aux abords du Niger, le poisson abonde, notamment la perche du Nil, "le capitaine" servie frit ou grillé, parfois même au four ou en cocotte. Fêtes La manifestation la plus fascinante du calendrier malien reste la traversée des troupeaux à Diarafabé. Tous les ans, en décembre, selon une tradition vieille de 160 ans, la ville se prépare à l’afflux des troupeaux en transhumance qui se rejoignent sur la rive gauche du fleuve. C’est l’occasion de cérémonies et de festivités organisées autour des bergers qui retrouvent leurs familles et leurs amis après de longs mois dans le désert. Chefs et anciens se réunissent avant ce grand événement pour décider, de façon démocratique et en toute équité, l’ordre de passage du fleuve. Les animaux sont ensuite transportés sur l’autre rive où l’herbe est réellement plus verte. Lors de la fête des Masques qui dure cinq jours, en avril, les Dogons se livrent à des cérémonies rituelles plus que millénaires. La plus célèbre d’entre elles, le Sigui, n’a lieu qu’une fois tous les 60 ans. Cette périodicité est sans doute liée au calendrier agraire des Dogons, un calendrier qui relèverait d’une mystique aux pouvoirs surnaturels.

HISTOIRE Préhistoire - Des peintures rupestres témoignent que la région était déjà peuplée à l’époque où le Sahara était encore verdoyant. IXe siècle - L’empire du Ghana, créé depuis 2 siècles, atteint son apogée. Sa prospérité est liée aux échanges commerciaux transsahariens : or, esclaves, sel. XIe siècle - Les Almoravides, des berbères musulmans venus du Maroc et de Mauritanie, imposent l’islam et détruisent l’empire du Ghana. Milieu du XIIIe siècle - XIVe siècle - Soundanais Keita, chef des Mandés, fonde l’empire du Mali qui connaît son apogée durant tout le siècle suivant. Grands centres commerciaux, Djenné et Tombouctou sont dotés de plusieurs mosquées, écoles coraniques et universités. XVe et XVIe siècles l' essor et apogée de l’empire songhaï, originaire de la région de Gao. Il s’effondre en 1591 après une invasion venue du Maroc. A partir du XVIIe siècle, l’essor des navires européens fait perdre leur attrait commercial aux routes transsahariennes. Milieu du XIXe siècle - milieu du XXe siècle - A partir de 1857, les Français occupent le pays qui devient en 1904 la colonie du Haut Sénégal Niger, puis, en 1920, le Soudan français. 1960 - L’ancien Soudan français devient un État indépendant. Il se proclame République du Mali et élit son premier président, Modibo Keita, de tendance socialiste. 1968 - Modibo Keita est renversé par une junte militaire conduite par Moussa Traoré. Devenu président de la République, celui-ci libéralise le marché mais durcit le régime. Les années 1970-1980 sont marquées par de continuels problèmes de disette et par des révoltes touaregs. 1991 - L’armée, conduite par Amadou Touré, renverse Moussa Traoré. 1992 - Une nouvelle Constitution, approuvée par référendum, restaure le multipartisme et définit un régime semi-présidentiel. Les élections amènent à la présidence Alpha Konaré. Un « pacte national » est signé avec les Touaregs. 1997 - Alpha Konaré est reconduit au pouvoir pour cinq ans après des élections controversées. 2002 - L’ancien président de l’ADEMA (Alliance pour la démocratie au Mali) fonde son propre parti d’opposition, le Rassemblement pour le Mali. Amadou Toumani Touré, qui a dirigé le pays durant la période de transition 1991-1992, est élu président en mai. En 2002, Amadou Toumani Touré, qui a quitté l'armée pour se présenter, est élu président de la République du Mali, et réélu en 2007.

A VOIR Artère vitale du Mali, le Niger forme un coude avant de repartir s’écouler vers l’océan. Les bateaux qui sillonnent le fleuve, d’août à novembre, offrent un excellent moyen de découvrir l’intérieur du pays. C’est un voyage fascinant qui permet de découvrir l’incroyable animation des ports. Les conditions à bord sont assez variables. Au pire, elles peuvent virer à l’enfer flottant avec des cabines sans confort où règne une chaleur accablante. Mopti, située dans le delta intérieur, au confluent du Niger et du Bani, elle est l’une des plus grandes villes sur le Niger avec un port palpitant de vie et un grand marché très coloré. C’est aussi le centre de l’industrie touristique locale et l’on n’échappe pas au harcèlement des vendeurs et des jeunes guides. Fondée envers la fin du XIXe siècle par les Bozos sous le nom de Sangha. Aujourd'hui Mopti compte environ 100 000 habitants. Les bateaux vont de Koulikoro, à 60 km à l’est de Bamako jusqu’à Gao, à 925 km au nord de la capitale. Le séjour à bord peut durer d’un jour à une semaine. En principe, un bateau quitte Koulikoro tous les mardis et arrive à Gao le lundi suivant, en faisant nombre d’escales en route. Au retour, le bateau part de Gao tous les mardis et arrive à Koulikoro une semaine plus tard.

BAMAKO Capitale d’un des pays les plus pauvres du monde, Bamako reste néanmoins une ville bruissante de vie : des foules de gens achètent, vendent et échangent sous la chaleur dans une incroyable cacophonie. On trouve de tout sur le grand marché : des étoffes indigo, de l’or, des cassettes de musique africaine aussi bien que des oiseaux séchés, des têtes de singe ou des piquants de porc-épic utilisés dans la médecine traditionnelle. Parmi les autres marchés colorés, il faut aussi aller faire un tour à la maison des Artisans, près de la grande mosquée, au marché de la médina et au village des Antiquaires dans le marché N’Golonina. Le Musée national est l’un des plus beaux musées ethnographiques d’Afrique occidentale. Ses bâtiments s’inspirent de l’architecture en brique de terre de Djenné. Il abrite un riche collection de tapisseries, masques, objets funéraires et armes. Il se bat pour préserver les trésors culturels du pays, mais a bien du mal à lutter contre les collectionneurs qui achètent illégalement d’anciennes figurines en terre cuite de Djenné. Bamako se situe sur la rive nord du Niger. Le tour de la ville forme un triangle délimité par l’avenue du Fleuve, le boulevard du Peuple et l’avenue van Vollenhoven.

DJENNÉ Située sur le delta du Niger, cette ville atteint toute sa splendeur durant la saison des pluies, quand elle se transforme en île. C’est, revendique-t-elle, la plus vieille cité d’Afrique occidentale. Elle n’a guère changé depuis des siècles. Ses maisons en terre aux toits de chaume, aux volets en bois et aux portes décorées d’objets peints ou métalliques lui donnent un air irréel . Dommage que ses ruelles soient polluées par les égouts et détritus en tous genre. La mosquée de Djenné, renforce le sentiment d’étrangeté. Construite entièrement en banco (sorte de pisé), hérissée de tours, elle se dresse dans le désert comme un fabuleux château de sable. C’est le plus grand édifice en terre battue du monde, l’un des plus beaux exemples d’architecture soudanaise. Seul problème, la terre ayant tendance à se désagréger sous la pluie, il faut la restaurer après chaque saison humide. Malheureusement, les visiteurs non musulmans n’ont pas le droit de pénétrer à l’intérieur. On peut néanmoins avoir une très belle vue des murs extérieurs depuis le petit marché qui fait face à la mosquée.

Falaise de Bandiagara La falaise de Bandiagara, longue de 135 km, s’étend de Douentza au nord jusque près de Bankass au sud. Tombouctou. Une randonnée en Pays Dogon, en suivant la falaise de Bandiagara, constitue sans doute le plus grand moment d’une visite au Mali. Réputés pour leur art, les Dogons ont leur propre civilisation, fascinante, riche et mystérieuse. Arpenter à pied la falaise permet d’admirer de près leurs maisons qui se distinguent par leur forme rectangulaire et un toit plat, des greniers carrés à la base et coiffés d’un chapeau de paille conique. De minuscules jardins sont nichés dans les interstices des rochers. Trônant dans chaque quartier du village, la grande maison de famille (guinna) est le domaine du patriarche, gardien des autels des ancêtres, autorité morale et religieuse incontestée. En avril, on peut assister à la spectaculaire fête des Masques, qui dure cinq jours. Du haut de la falaise de Bandiagara nous découvrons la lente procession des femmes revenant du marché en escaladant la paroi pierre après pierre qui conduit à Banani. A l'horizon, la savane du Burkina Faso hérissée de centaines de Baobabs. Une falaise tombant presque à pic sur le plan nu de la plaine, à la fois montagne et citadelle, car dans les trous du roc vit en troglodyte la tribu des Habbé (Dogon), que n'avait dominée avant les Européens aucune des puissances qui se sont disputé ce territoire. Sangha, localité comportant une dizaine de quartiers avant chacun un nom, celle-ci est établie au sommet de la falaise et domine vertigineusement cette fantastique paroi rocheuse haute de 200 à 400 mètres .

SÉGOU A mesure qu'on se rapproche de la ville de Ségou, les villages changent d'aspect. Le banco règne toujours mais de circulaires les cases deviennent cubiques. Ségou , ses poteries, sa fabrique de bière de mils, son artisanat, est une ville moins polluée, plus propre que Mopti ou Djenné. De charmants petits villages sont à découvrir, plus propres et plus agréables que les villes. Ces dernières étant polluées par les gaz d'échappement, souillées par des détritus en tous genre et par les égouts déversés sans être canalisé dans les rues. La photo ci dessous est-elle un symbole de prise de conscience?

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