Sénégal (2003)

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Le Sénégal offre d'excellentes conditions pour le développement de la faune sauvage, bien qu'il ne puisse rivaliser avec les pays d'Afrique centrale et de l'est, mieux lotis en zones forestières. De nombreux parcs et réserves sont aménagés pour la protéger. C'est un grand sanctuaire d'oiseaux, car il est placé sur l'une des voies principales de migration de l'avifaune sauvage. le parc du Djoudj, sur la langue de Barbarie, dans le delta du Saloum, aux îles de la Madeleine. Au sud-est du pays, plus boisée que le nord, on pouvait trouver la grande faune sauvage africaine dans le parc du Niokolo-Koba : éléphants, lions, buffles, antilopes, singes... Au nord, les animaux qui préfèrent les zones plus désertiques : phacochères, chacals, tortues. Hélas le braconnage et une mauvaise gestion du parc a réduit considérablement la quantité d'animaux. Ajouter à cela l'incompétence des guides (imposés pour visiter le parc) Une des grandes richesses du pays sont ses eaux littorales, extrêmement poissonneuses. Durant la saison d'hivernage, marlin et l'espadon au large de Dakar, dans le Saloum, on trouve la carrague et le barracuda. La pêche en pirogue ou depuis la plage se pratique avec succès. Ne pas manquer le retour des pêcheurs, de Saint-Louis au Cap Skiring.

 

Les déserts, fleuves, forêts, la savane couvre la plus grande partie du territoire. Ce sont de vastes étendues herbeuses, parsemées d'acacias, de rôniers et de baobabs. Au nord, le paysage se désertifie et on aperçoit les premières dunes qui annoncent le désert de Mauritanie. La forêt tropicale a été considérablement réduite au cours des années et ne subsiste guère qu'en Casamance. On verra de très beaux fromagers, palmiers, cocotiers, manguiers. Sur les berges du Sine Saloum et en Casamance, la mangrove est partout présente. Accrochées aux racines des palétuviers, des milliers de petites huîtres. Le ronier fait partie de l'espèce des palmiers. Le bouquet de palme fournit le vin de palme. Le bois, imputrescible et résistant aux insectes, est utilisé pour la construction des charpentes. La bougainvillée fleurit toute l'année de fleurs rouge, orange ou violette et le flamboyant rouge écarlate au début de l'hivernage.

GÉOGRAPHIE

Le Sénégal s’étend sur 196 192km², soit plus d’1/3 de la France. Si on le compare à ses voisins Mali et Mauritanie, c'est un minuscule pays. Le Sénégal est composé de 10 régions, 30 départements et 99 circonscriptions. Exceptées les deux collines roches éruptives également a l’origine des îles de Gorée et des Madeleines, aucun relief n’agrémente l’horizon de la Côte. Les seules véritables collines sont celles du Fouta Djalon à la frontière guinéenne qui ont du mal à culminer au-dessus de 500 mètres. Les estuaires du Sénégal, du Saloum et de la Casamance sont même au-dessous du niveau de la mer à marée haute. Les Niayes, dunes de sable côtières sculptées par le vent empêchent néanmoins les marins de voir le paysage continental entre Dakar et Saint Louis. L' intérêt du Sénégal est qu’il est un des rares pays au monde, et cela malgré sa modeste superficie, à montrer tant d’écosystèmes différents. La liste est impressionnante : La montagne sur les remparts du Fouta-Djalon, la forêt dense en basse Casamance, le désert de dune vers St. Louis, la mangrove, les bolongs en Casamance, les lacs d'eau douce , les lacs salés, la savane, la brousse, l'océan et les rivières.

La côte est constituée de différents paysages variant en fonction des courants marins, de l'hydrographie ou de la géologie. Niayes : Les Niayes constituent la moitié du paysage côtier sénégalais. Elles courent de Yoff Guédiawaye jusqu’à la frontière mauritanienne. Il s’agit en fait de dunes de sable fin et clair constituant un bas relief de l’autre côté duquel les Wolofs ont créé des jardins potagers abrités du vent salé marin. Pour les baigneurs attention au phénomène de la barre présent sur toute la longueur des Niayes. Chaque année de nombreux sénégalais (parfois pêcheurs) y perdent la vie faute de pouvoir regagner la terre ferme. Les Bolongs: Ce terme est utilisé pour parler des forêts de mangrove constituant de multiples îles dans les estuaires salés des rivières. Les bolongs représentent une grande surface côtière. L’écosystème de la mangrove est bien sûr hostile à l’homme. Les moustiques y sont nombreux et à marée haute tous les îlots de mangroves sont recouverts par l’eau salée. Néanmoins les multiples labyrinthes de canaux sont très poissonneux et les pêcheurs grâce notamment à l’épervier s’y rendent quotidiennement. Le Parc National du Siné Saloum est recouvert en grande partie par les bolongs. Les bolongs de l’estuaire de la Gambie, et de la Casamance constituent également une grosse partie des côtes de ces deux régions. Sable blond et cocotiers : La côte balnéaire par excellence existe qu’en Casamance et plus précisément de Niafourang (à la frontière Gambio sénégalaise) à la pointe de la Presqu’île aux oiseaux et de Nyikine à Kabrousse. On retrouve dans ces lieux les plages rêvées des dépliants touristiques .... sans touristes ! (sauf à Cap Skiring). Mer chaude ou douce toute l’année, cocotiers ... La côte volcanique : c’est la côte de la Presqu’île du Cap Vert. Les rochers, les falaises font qu’il est difficile voir périlleux de se baigner. Quelques rares plages sablonneuses sont assaillies pendant l’hivernage. Les Mamelles et leur phare dominent cette côte volcanique. Les surfeurs y ont un Paradis malgré les accidents nombreux car les rochers sont à fleur d’eau. Quand aux oursins ils pullulent et sont une menace permanente. La côte de coquillage : On l’appelle la Petite Côte. Elle commence à Rufisque et se termine à Joal Fadiouth où les bolongs du Siné Saloum font leur apparition. La principale végétation côtière de la Petite Côte est les Filaos. La mer est tempérée avec peu de vagues et l’eau y est rarement claire. Elle est cependant très poissonneuse. La particularité de la Petite Côte c’est sa plage recouverte de coquillages cassés et rarement de sable. Ces coquillages cassés ont un calibre différent sur chaque plage. A Joal Fadiouth c’est bel est bien du sable. Mais à Nianing par exemple se sont des débris de coquillages d’un calibre assez gros et seul les fakirs s'allongeront directement sur le sol.

LES RIVIERES

Bien que très arrosé dans le sud, la majeure partie du Sénégal est en zone sahélienne assez sèche. Les cours d’eau sont donc rares. De plus le Sénégal est un pays très plat ce qui, conjugué avec le faible débit des fleuves, amène ces derniers à se transformer en longs estuaires salés recouverts de mangroves et de palétuviers, très loin des côtes atlantiques. C’est un handicap naturel au développement agricole des régions. Les barrages sur le fleuve Sénégal comme celui de Diama à quelques kilomètres de St Louis ont permis d’éviter ces remontées néfastes d’eau salée. Depuis la construction de ce barrage différentes activités agricoles telles que le riz ou la canne à sucre ont pu être développées. Ce n’est pas le cas de la Casamance ou l'eau remonte jusqu’à Sédhiou en Haute Casamance. De plus l’estuaire avec sa mangrove abrite l’un des écosystèmes les plus rares de la planète. Si les lamantins sont difficiles à voir, on peut apercevoir des dauphins remonter jusqu’à Ziguinchor. Trois fleuves se jetant dans l’atlantique coulent au Sénégal. Le Sénégal, le Saloum, et la Casamance , le fleuve Gambie qui se jette dans l’océan dans le pays du même nom mais qui serpente une grande partie de son itinéraire au Sénégal. Les gros affluents sont rares : la Falémé pour le Sénégal, le Siné et le Koula pour le Saloum, la Soungrougrou pour la Casamance, et le Niokolo Koba pour la Gambie. Tous ces cours d’eau sont pauvres en espèces de poissons.

La réhabilitation des vallées fossiles : A l’issue de recherches géologiques menées par des scientifiques du monde entier, le Sénégal a entamé les plus grands travaux de son histoire : la réhabilitation des vallées fossiles. En effet, le centre et le nord du Sénégal souffrent de grande pénurie d’eau qui empêche tout développement humain. La région de St Louis et le Ferlo sont les plus touchés. Toute la partie du pays au nord de la frontière gambienne, Dakar y compris s’alimente en eau potable grâce au Lac de Guiers, mais l’explosion démographique à Dakar pose de graves problèmes. Déjà, à certaines périodes de l’année (surtout en avril mai juin) l’eau est coupée pendant plusieurs heures de la journée dans un quartier de Dakar (qui change chaque jour) et ceci pour que la pression soit suffisante pour sortir des robinets ou monter aux étages des autres quartiers. Le besoin en eau augmente de 30% chaque année. Les usines pour dessaler l’eau ne suffisent pas à alimenter toute la population. Déjà certains villages de la Petite côte sont autonomes au niveau de l’eau. C’est le cas de Fadiouth, mais à quel prix, l’eau y est pour tout dire potable et clair mais d’un goût salé qui la rend presque imbuvable. Ainsi cette réhabilitation des vallées fossiles est un immense espoir, il y a peine 2 siècles de cela, divers rivières ou ruisseaux faisaient du Kayor ou du Ferlo une région comparable à la savane de la région de Tambacounda. Tel est le cas de la vallée de Siné, de la vallée du Saloum, de la vallée du Mboun, de la vallée du Lougguére ou de la vallée du Ferlo. L’administration coloniale pour repousser les ethnies hostiles et mieux contrôler le territoire aurait asséché ces différents petits cours d’eau. Il n’en reste aujourd’hui que quelques traces reprenant vie quelques jours par an durant la saison des pluies. L’ambitieux projet du gouvernement financé par la Banque Mondiale consiste donc à redonner vie à ces anciens cours d’eau par la construction de canaux et de forage pour d’une part alimenter Dakar mais aussi permettre un aménagement du territoire réparti dans des régions occupées aujourd’hui uniquement par les pasteurs peulhs nomades qui à cause des ravages de leurs troupeaux contribuent à la désertification du Nord du pays. Au mois d’avril 2000, à l’annonce de l’accélération du projet «vallée fossiles» par le nouveau Président Wade, de graves incidents ont opposé Mauritaniens et Sénégalais. Les Mauritaniens avancent le fait que le projet «vallées fossiles» au Sénégal rendrait leur pays encore plus désertique et réduirait le flux du fleuve Sénégal. Durant une semaine tous les ressortissants des deux pays sont rentrés chez eux. Le conflit semble momentanément réglé. Il pleut en général très peu dans cette région du Sahel. Mais les différences entre les différentes régions sont immenses. Entre Podor dans la région de Saint Louis et Kabrousse en Casamance le dégradé s’observe dans la végétation du plus en plus dense et verte.

C’est en fait le Sénégal qui fait la transition entre la zone sahélienne et la zone tropicale humide. De deux mois au Nord, la saison des pluies passe à 5 mois dans l’extrême sud. Les deux mois de pluies intenses se situe par contre partout entre le 15 juillet et le 15 septembre. Mais les pluies sont dans ces régions très capricieuses. Entre le retard des pluies (on a parfois dû attendre le 15 août pour voir les premières grosses pluies à Dakar.), et la quantité insuffisante d’eau tombée (qui peut varier du simple au double d’une année sur l’autre), l’angoisse du monde rural s’accroît quand un début juillet sec s’annonce. On comprend mieux la joie et la fête déclenchée lors de la première pluie qui est toujours torrentielle. La plupart des frontières sont invisibles en Afrique. C’est d’autant plus le cas au Sénégal qui n’a jamais été en guerre contre ses voisins (exceptée la Guinée-Bissau). Sur les routes et les pistes principales la police et les douanes sont certes présentes mais dans des bungalows de fortune. La ligne frontalière n’est donc souvent représentée que par un panneau, une barrière ou un banal caillou. Le seul endroit où vous risquez d’être contrôlé assez fréquemment est sur la route Ziguinchor-Bissau. En effet, les indépendantistes casamançais effectuent de nombreux aller-retour entre Ziguinchor et Bissau et c’est le bon moment pour les interpeller. En dehors de ces axes principaux, de nombreux chemins et pistes forestières franchissent la frontière sans aucun contrôle. C’est le cas par exemple entre Brikama en Gambie et Diouloulou en Casamance en passant par le village gambien de Darsillameh. Dans ces régions où tout contrôle frontalier est inexistant, seuls les autochtones pourront vous dire si vous êtes au Sénégal, en Gambie en Mauritanie, en Guinée, au Mali ou en Guinée-Bissau. En réalité, la seule frontière définie est la frontière Sénégalo-mauritanienne constituée par le fleuve Sénégal. Ailleurs il n’est pas rare de voir des villages partagés par une frontière ce qui ne gêne pas leurs habitants qui ont souvent une double nationalité.

HISTOIRE

L’histoire du Sénégal est très riche, et même si nous n’avons pas de traces écrites, les différents récits ainsi que les légendes montrent à quel point grands hommes, guerres et conquêtes font de ce pays ce qu’il est actuellement. Le symbole du passé du Sénégal et bel et bien les fameux mégalithes que l’on trouve dans la région du Saloum et qui n’ont d’équivalent en Afrique qu’en République Centrafricaine. Le royaume Djolof, noyau de l’actuel Sénégal a été fondé par un Ndiaye (ce nom de famille existe encore !). Le Roi Ndiadian Ndiaye, aurait ainsi rassemblé les tribus wolof au début du 14e siècle. D’après des écrits précis de missionnaires portugais, ce royaume aurait disparu en 1549, à cause du Roi Amari Fall (nom omniprésent de nos jours), prince du Kayor (contrée du Djolof) qui annexa le Baol (contrée du Kayor).

Les décennies suivantes marquent une certaine instabilité qui renforcera le pouvoir colonial portugais. En 1456, les portugais dirigés par un le Commandant Molto (vénitien), débarquent au Cap Vert. Néanmoins le premier véritable comptoir commercial est ouvert par les Hollandais en 1617, avec la construction de deux forts sur l’île de Gorée. Plus au Nord c’est St Louis qui est convoitée pour sa position stratégique à l’embouchure du fleuve Sénégal qui ouvre la porte de l’exploration des terres via le fleuve. Français et Anglais convoiteront St Louis. En 1677, Les Français deviennent définitivement maîtres du Sénégal avec la prise de Gorée que les Anglais tenteront (et parfois réussiront momentanément) de prendre jusqu’en 1815. L’année 1659 marque l’implantation militaire et commerciale des Français à St Louis (île de Ndar). Jusqu’en 1816, date du Traité de Vienne, la position stratégique de St Louis et de Gorée pour le commerce des esclaves feront qu’elles tomberont régulièrement aux mains de la couronne britannique. Pendant ce temps les royaumes noirs du fleuve sont décomposés par les invasions maures et Toucouleur. Dans les années 1850, les français changent radicalement leur politique économique en exploitant désormais l’arachide au lieu de la gomme. C’est également l’époque de la conquête de l’intérieur. Protêt édifie un véritable camp à Podor et en quatre ans repousse les Toucouleurs (1854). Cette même année, Faidherbe accentue la présence militaire française dans le Nord jusqu’à battre les Maures. La région est définitivement conquise et pacifiée avec la défaite du chef Toucouleur ElHadji Omar en 1859. Mais cette ardeur du colonisateur est freinée par des résistances très violentes à l’intérieur du pays : Maba Diakhou Bâ - Lat Dior Diop - Alboury Ndiaye - Mamadou Lamine Dramé - Fodé Kaba- Aline Sitoé Diatta . Le comptoir de Karabane à l’embouchure de la Casamance ouvre peu à peu la voie de l’actuel Sénégal. Le Cayor, dernière des provinces côtières insoumises n’est pacifiée qu’en 1885 après avoir été rendue puis reprise à Lat Dior. En 1900, même si toutes les terres intérieures n’ont pas été explorées, tous les royaumes se sont rendus à la France exceptée la Casamance dont la multitude des chefs rend difficile tout accord politique. Dakar fondée en 1857 devient le siège du gouvernement de l’AOF en 1895 et sera décrétée avec St Louis, Gorée et Rufisque communes française en 1916. C’est à cette époque que les missionnaires commencent à évangéliser avec un succès très moyen le pays Sérère et la Casamance. Les anciens combattants : Comment ne pas rencontrer lors d’une visite au Sénégal ces anciens combattants qui durant les guerres où la France fût impliquée vinrent donner leur vie pour ce pays si lointain. L’image du tirailleur sénégalais est vivace au Sénégal. Elle remonte pourtant à fort longtemps. C’est Faidherbe qui créa ce corps de soldats en 1857 en vue de conquérir le Nord du Sénégal. D’abord basé à St Louis, le premier Bataillon de Tirailleurs Sénégalais rattaché à l’infanterie de Marine va se multiplier pour être présent au Soudan ou au Niger quelques années plus tard. Entre 1914 et 1918, 180 000 tirailleurs sénégalais sont recrutés pour aller combattre en France, (une minorité est en fait sénégalaise). Jusqu’en 1962, ils interviendront successivement au Maroc, en Syrie, en France, en Tunisie, au Tchad et en Indochine. Ils sont souvent décorés et se rendent en uniforme à chaque commémoration organisée par l’armée Française au cimetière militaire de Bel Air. La pension donnée par l’ambassade de France leur permet de vivre très confortablement. Chose curieuse, malgré les souffrances endurées à l’époque de la guerre, tous ces hommes seraient prêts aujourd’hui à y retourner. Les 4 Communes (1916): Les Quatre Communes montrent à quel point le Sénégal a toujours été le pays africain préféré des Français. En effet, dès 1916 et pour remercier le Sénégal de leur terrible effort de guerre les habitants des communes de St Louis, Rufisque, Gorée et Dakar se virent attribuer la citoyenneté française. De nombreux Dakarois tentent aujourd’hui, documents de l’époque à l’appui, d’obtenir un passeport français prétextant de la nationalité française de leurs parents. L’histoire des migrations : l’histoire des migrations au Sénégal est très riche et parfois très floue. Les croyances traditionnelles véhiculées par les griots se mélangent souvent aux travaux des historiens et ethnologues. Plusieurs exemples prouvent cet imbroglio. Les Bassaris par exemple viendraient selon certains du Togo, selon d’autres (très sérieux) ils se rapprochent des Zoulous d’Afrique du Sud. Leur langue en tous les cas n’est pas nigero soudanaise et ne ressemble donc à aucune. Les Peulhs viendraient eux aussi de très loin puisque qu’on leur attribue des origines éthiopiennes et somaliennes de part leurs caractéristiques physiques (la peau très claire, élevage comme activité traditionnelle, etc.....). Les Sérères viendraient eux du Sud de l’Égypte. Le peuple d’origine de la Casamance serait les Baïnouks qui auraient été présents bien avant l’arrivée des Diolas. Ces mêmes Baïnouks qui auraient de nombreuses similitudes avec les Bédiks du Sénégal Oriental qu’on a plutôt tendance aujourd’hui à apparenter aux Bassaris ! Quant à Dakar, elle n’a été «wolofisée» que récemment puisque le peuple d’origine de la presqu’île du Cap Vert est le peuple Lébou qui s’est depuis presque totalement wolofisé (du moins dans la langue !).

FÊTES

Les Fanals : vers fin avril début mai, au moment du festival de Jazz, à Saint-Louis. Défilé, au son des tam-tams et des chants, de lampions confectionnés par les habitants. Le fil : en juin, à Touba-Toul (près de Thiès). Danses et chants où l'on prédit les événements de l'année. Quatre jours, du samedi au mardi. Masque Kagran : en mai, en Casamance. Fête malinké. Fêtes de l'initiation : en Casamance et en pays bassari. Elles ont souvent lieu pendant les vacances scolaires (mars avril), quand les initiés ne vont pas à l'école. Si on ne peut pas assister à la cérémonie rituelle, on peut le faire pour les danses qui s'ensuivent et on peut même les photographier. Se renseigner dans les villages, surtout si l'on entend des chants ou des coups de fusil ! Manidan : en avril, dans la région de Kédougou. Nit : en avril. Combats d'initiation des jeunes Bassari. Fêtes nationales civiles et religieuses fériées 4 avril : fête nationale. 1er mai : fête internationale du travail. 25 décembre et 1er janvier. La Korité : grande fête qui célèbre la fin du ramadan, selon le calendrier lunaire. La Tabaski (ou fête du mouton) : selon le calendrier lunaire également. Commémoration du sacrifice d'Abraham. Autres fêtes religieuses en principe non fériées, Le Magal : à Touba. Le Grand Magal commémore le départ en exil du fondateur de la confrérie, cheikh Amadou Bamba, et le Petit Magal, sa mort. Imposants pèlerinages. Le Gamou : célébration de la naissance du prophète. Là encore, imposants pèlerinages vers les mosquées de chacune des confréries. Pèlerinage chrétien à Popenguine : le lundi de Pentecôte. Au sud de Dakar en allant vers la Petite Côte.

RELIGIONS ET CROYANCES

Aujourd'hui les Sénégalais sont islamisés à 90 %. Chrétiens et animistes se partagent les 10 % restants, quand ils ne sont pas un peu des deux à la fois. On s'empresse de vous faire une suggestion amicale : n'hésitez pas à demander à quelle confrérie religieuse et à quelle ethnie appartiennent les gens avec qui vous sympathiserez. Non seulement vous leur ferez plaisir mais vous bénéficierez d'une meilleure compréhension quant à ce qui nous différencie. L'islam L'islam sénégalais se répartit en confréries qui correspondent à des tendances formées dans le contexte de la colonisation. Chacune d'elles se regroupe autour d'un marabout. La tidjania, dont le propagateur chez les Wolofs fut El Hadj Malick Sy, est d'origine toucouleur et s'inscrit dans la lignée de l'islam maure répandu au Maroc et en Mauritanie. Le mouridisme (de mourid : aspirant en arabe) a été fondé par Amadou Bamba vers la fin des années 1880, dans le Baol, la région où fut érigée la fameuse mosquée de Touba. La qadria, est réduite à la portion congrue depuis que sa réputation en a pris un coup au moment de la traite des nègres puisqu'elle est devenue la religion des maures esclavagistes et pilleurs. Aujourd'hui en voie d'extinction dans le Nord, on lui prête encore attention en Casamance. Les layènes, quant à eux, quasi exclusivement lébous, sont concentrés sur la presqu'île du Cap-Vert. Le catholicisme : Au Sénégal, comme dans de nombreux pays du monde, le catholicisme est en régression. Les Marabouts :On distingue trois sortes de marabouts. Les marabouts animistes : ici, le titre de marabout a remplacé celui de fétichiste, sorcier ou jeteur de sort, mais la fonction est la même, il communique avec la nature et recherche l'unité naturelle des choses et des êtres pour en déceler l'esprit global. Les religieux : musulmans, leur pratique s'inspire des préceptes du Coran. Les grands marabouts religieux, ou du moins les plus riches d'entre eux, occupent une place de plus en plus importante dans la vie politico sociale du Sénégal. Les marabouts de ficelle : les déviants des deux précédentes catégories ; on veut dire les charlatans qui ne voient que le côté financier de la situation. Animisme En gros, l'animisme, très fort en Casamance, dans le Sénégal oriental et en Gambie, reconnaît l'existence d'une force vitale présente chez tous les hommes. L'attachement aux croyances traditionnelles est encore très vif dans la population. Même les fidèles musulmans ou chrétiens sont nombreux à perpétuer des rites animistes ancestraux.

Les salutations Wolof :

Les salutations chez le wolof sont un des aspects qui marquent le visiteur dès son arrivée. Le rituel des salutations, même s'il se perd de plus en plus au profit du "bonjour, ça va", reste très présent. Ainsi, n'ayez pas peur de saluer plusieurs fois la même personne dans la journée à partir du moment où vous vous êtes quittés. Et puis après tout c'est marrant. La tradition Wolof, étendue au Lébous, et dans une moindre mesure aux Sérères, veut que l'on répète lors des salutations le nom de son interlocuteur. Le serrage de main est également très important. On serre la main aux hommes comme aux femmes. Ne vous étonnez pas si on vous tient la main un certain temps. On peut serrer la main durant toute la durée des salutations. Voila donc pour le wolof. Mais il pourra être très important pour vous de connaître les salutations basiques dans les différentes langues du pays :

Cuisine

Composée principalement de céréales, la cuisine locale emploie bon nombre de sauces pour préparer ou accompagner poisson ou viande. Les produits incontournables sont le piment et le riz. Dans une famille, généralement, on mange par terre, déchaussé, sur une natte, à la main mais souvent on offre une cuillère à l'invité blanc. Le riz Plus qu'un aliment, le riz est un élément sacré qui participe à tous les moments de la vie. Le meilleur riz provient de Casamance où les rizières, pourtant nombreuses, ont un rendement malheureusement trop faible pour assurer l'autosuffisance du pays. Quelques spécialités sénégalaises – Tiéboudienne : plat national, appelé aussi riz au poisson, accompagné de légumes. – Yassa au poisson : thiof, ou mulet. Servi avec du riz. – Yassa au poulet : servi avec du riz. – Maffé aux cacahuètes : viande de bœuf ou poulet avec des cacahuètes, des tomates et du riz. – Thiou aux crevettes : crevettes à la sauce tomate, avec du riz. – Beignets de poisson, boulettes de mil. – Lakh : bouillie de mil et de lait caillé. – Ngalakl : mélange de pâte d'arachide, de pain de singe (fruit du baobab) et de mil. – Poisson farci à la saint-louisienne : le mulet rempli de sa chair hachée, avec de la mie de pain, du poivre, du piment, de l'ail, de l'oignon et du persil. Boissons Le Sénégal possède une variété de jus naturels bien à lui : – Le bissap : infusion faite d'une décoction des fleurs (rouges) de la légumineuse que les Sénégalais appellent oseille à cause de son goût acidulé. – Le gingembre (ou ginger) : décoction de gingembre avec de la menthe et de la muscade. – Le tamarin (ou dakhar) : c'est la décoction de fruit du tamarinier. – Le bouye : boisson de couleur laiteuse faite à partir du pain de singe. – Le ditakh : jus obtenu à partir d'un fruit qui rappelle par sa forme et sa chair (verte) le kiwi. – Le vin de palme : spécialité de la Casamance, cet alcool est extrait des palmiers. – La bière de mil et l'hydromel : surtout dans le Sud et en pays bassari. – Le thé à la menthe : servi partout, tout le temps.

PEUPLES

Il existe au Sénégal de nombreuses ethnies. Certaines sont depuis longtemps installées dans la région, d’autres sont venues plus tard au gré des guerres, conquêtes, sécheresses, etc... Le recensement de la population est extrêmement difficile en Afrique du fait de la grande mobilité des habitants et d’un État civil naissant. A l’intérieur de chaque ethnie, il existe souvent des sous-groupes qui parlent des langues parfois très différentes des autres sous-groupes de la même ethnie. Ces «patois» sont souvent régionaux. C’est avec ces différences que l’on voit la complexité du paysage social des ethnies et surtout sa richesse. Plus de 60% de la population a moins de 20 ans, l'éducation est réduite à son stricte minimum, seule les écoles coraniques se développent. L'espérance de vie est d'environ 53 ans et le taux d'alphabétisation de 36%.

BASSARI La caractéristique de l'ethnie bassari se situe au niveau des noms qui commencent tous par B. "Ce sont des noms qui ont valeur de symbole et dont ceux qui les portent, ont un rôle spécifique à jouer dans la société bassari". Sept noms de famille composent la société bassari : Bianquinch, on dit d'eux qu’ils sont maîtres de cérémonie pendant les cérémonies initiatiques. Bonang connus comme de grands féticheurs .Ensuite, les Bindians, les Bidiars, Boubanes, Bangars. Les bassaris sont réputés calmes et très respectueux. Ils manifestent toujours une ardeur dans le travail. Les Bassaris (1%): connus au Sénégal pour avoir conservé leurs traditions, ils habitent dans les villages les plus inaccessibles du pays. Cachés dans les montagnes on ne peut souvent les atteindre qu’à pied. Leur langue n’est connue que d’eux seuls. La hiérarchie est la même qu’au début du siècle lorsque les premières invasions Peulhs les ont poussé sur les plus hauts sommets du Fouta Djalon. Chasseurs émérites, ils sont également d’habiles apiculteurs. A l’origine, la société bassari est matrilinéaire. Les enfants portaient le nom de famille de leur mère .L’héritage, la Chefferie traditionnelle, le mariage obéissaient à cette lignée. Mais les mutations sociales, les lois sénégalaises ont fait disparaître cette tradition au profit du patriarcat. Les Bassari sont structurés en classe d'âge. Celles-ci respectent les rituels. "Le passage d'une classe d'âge à une autre dure six ans». L'éducation dans la société traditionnelle bassari commence tôt chez l'enfant qu'on envoie à la grande case "An'boffor" située à l'écart du village. C'est dans ce foyer communautaire que l'enfant apprend à vivre dans un groupe. Les aînés vont lui apprendre la solidarité, le travail collectif, les secrets de la chasse au petit gibier (comment tendre un piège, guetter les petits oiseaux, etc.). Les jeunes filles sont aussi envoyées dans les cases mais ne partagent pas les mêmes compartiments que les garçons. Les enfants ne quitteront les cases que quand ils atteindront l'âge de l'initiation pour les cérémonies initiatiques qui marquent le passage de l'enfant à l'âge adulte appelé "Nitj" ou "O Kôre". Animistes, les Bassari croient en leur "Fabba Khanou" et implorent les ancêtres. Néanmoins, avec l'islamisation par les Peulhs (Jihad de Alpha Yaya, Thierno Timbo) et la christianisation par les missionnaires catholiques ou protestants, les croyances religieuses ont changé de camp avec le changement des prénoms, des habitudes. Mais sans compter avec des gardiens d'une tradition dont les racines sont solides. Aujourd’hui, les Bassaris sont presque partout au Sénégal et se rencontrent à l'occasion des cérémonies et se marient avec les autres ethnies. Les Peulhs, Toucouleurs, Sarakolés Ce groupe présent sur l’ensemble du territoire est néanmoins originaire des régions les plus désertiques du Sénégal et du Mali. Nomades par excellence on les retrouve dans de nombreux pays d’Afrique de l’ouest malgré leur progressive sédentarisation. Ils sont à l’origine de l’islamisation des autres ethnies du pays.

PEULH (5%) : C’est incontestablement une des ethnies les plus connues d’Afrique et sûrement la plus disséminée : ils représentent un pourcentage non négligeable de la population dans les pays suivants : Mauritanie, Sénégal, Mali, Tchad, Guinée, Guinée-Bissau, Sierra Léone, Libéria, Burkina, Niger, Nigeria mais sont descendus durant leurs conquêtes jusqu’en Centrafrique ou au Cameroun. A travers les pays, on les appelle de nombreuses manières : les Peulhs, les Fulas, les Fulanis, les Pulars, les Haal-Pulars, mais la langue reste la même et les coutumes sont inchangées depuis les ancêtres. Musulmans orthodoxes ou membres de la confrérie Tidjane, leur activité traditionnelle est l’élevage. Mais au fil des années, les difficiles conditions climatiques et l’explosion démographique les ont forcés à exercer d’autres professions : coiffeur, chauffeur de taxi et petit marchand sont les principales. Leur petite taille, leur teint clair et leurs traits fins les font souvent passer pour des métis. Les légendes touchant à l’origine des Peulhs sont très nombreuses. On dit par exemple qu’ils viendraient d’Éthiopie ou d'Égypte. Leurs similitudes avec les guerriers Massaïs du Kenya sont nombreuses : peuple nomade vénérant les bovins qui font leur richesse à tel point qu’en tuer ou en vendre un est un acte impensable. Cette vénération fait la pauvreté des Peulhs ruraux car leur travail ne leur rapporte pas de quoi vivre. Les troupeaux devant rester dans la famille il n’est pas rare de voir se concrétiser des mariages entre proches cousins. Les bovins de plus en plus nombreux n’ont plus de quoi se nourrir et meurent de faim durant les mois secs de l’année. On accuse pour cela les Peulhs d’appauvrir le pays et de contribuer à la désertification par l’appauvrissement des sols. Les régions où le pourcentage de Peulhs est le plus important sont comprises à l’est d’une ligne Podor Kolda. Les noms de famille sont très rares : plus de la moitié des Peulhs s’appellent BA ou Diallo. Ba est cependant plus courant en Guinée. Les prénoms masculins sont les mêmes que les autres ethnies musulmanes (Mamadou, Abdoulaye, Lamine...). Les prénoms féminins ont eux plus tendances à ajouter le suffixe «mata» : Oulymata, Fatoumata, NénéGalé est également assez courant chez les Peulhs. Les Peulhs sont assez peu scolarisés et on les retrouve rarement aux hautes places en politique comme en affaires. L’exode rural les a également touché et on retrouve ainsi des dizaines de milliers de Peulhs à Dakar.

TOUCOULEURS (10%) : Très proches historiquement et socialement des Peulhs, ils vivent dans les mêmes régions. Ils sont cependant plus impliqués dans la vie économique du pays. Ce sont les Grands Guerriers du Sénégal. Fiers de leur ancêtre El Hadji Omar Tall. Les Toucouleurs sont de plus grande taille que les Peulhs et ont la peau plus noire. Grands commerçants ils détiennent comme les Nars mauritaniens un grand nombre de petites boutiques. Maître dans l’art de la grillade ils ont ouvert en outre un grand nombre de «dibiteries» vendant ainsi la viande des moutons élevés par leur famille. Les Sarakolés (3%) : Cette ethnie au passé glorieux subit depuis le début du siècle une véritable agression des Mauritaniens. Il n’y a aujourd’hui que très peu de communautés Sarakolées, la plupart ayant choisi d’émigrer individuellement vers le Sud. Cette ethnie n’est ni sédentaire, ni nomade. Présente, dans le triangle de l’OMVS, elle l’est tout aussi en haute Casamance des deux côtés de la frontière nord de la République de Gambie. Le conflit qui a opposé la Mauritanie au Sénégal venait notamment des questions litigieuses entre agriculteurs Sénégalais et éleveurs Mauritaniens.

SARAKOLE sont apparentés aux Soninkés. Les Wolofs Lébous Sérères Ce groupe de trois ethnies rassemble la population du Sénégal Nord. Ils sont majoritaires, en grande partie musulmans et sont au pouvoir depuis l’indépendance. Les Wolofs (27%) : Omniprésents au-dessus d’une ligne Dakar Tambacounda, leur nombre leur a permis dès l’indépendance d’imposer leur langue comme langue nationale. Juste avant le français, c’est la langue la plus comprise par les différentes ethnies sénégalaises. Les Wolofs sont traditionnellement des cultivateurs sédentaires qui produisent l’essentiel de l’arachide du pays. S’ils ne sont pas commerçants de nature, ils détiennent néanmoins quelques boutiques sur l’ensemble du territoire. Malgré leur majorité en nombre, ils n’ont jamais été au pouvoir autant que l’ont été les Sérères pourtant beaucoup moins nombreux. Grands et élancés ils sont très noirs. Ils sont très accueillants et les ménagères sont les cordons bleus du pays.

WOLOF sont à l’origine des desserts au Sénégal avec le Fondé et le Lakh. Ils sont à 90% musulmans et constituent la majorité des Talibés de la confrérie mouride. Parmi leurs noms de famille les plus courants on peut citer SALL, FAYE, DIAGNE, MBACKE, NDIAYE, ... On dit les Wolofs descendants de Sérères et de Sarakolés. Les Sérères (17%) : Ils sont incontestablement l’élite du pays. A la tête des hauts postes de l’administration et chefs de grandes entreprises, le pouvoir leur donne une importance historique. Le premier Président, Léopold Sedar Senghor, était Sérère. Cela est dû sans nul doute à la religion des Sérères, Ils forment la deuxième communauté catholique du pays. C’est surtout la plus ancienne.

SEVERE sont les premiers africains convertis à cette religion. Aujourd’hui l’action missionnaire est importante et chapelles ou églises ont leur place dans tous les villages. C’est grâce à la communauté catholique que les Sérères forment la matière grise du pays. En fait devant le déficit d’enseignement à l’échelle nationale, les différents diocèses ont créé de nombreuses écoles privées catholiques aussi efficaces que prestigieuses. Culturellement et historiquement les Sérères ont un passé prestigieux de guerriers. Les fameux alignements de pierres de Nioro du Rip ont été construits sans doute par ces Sérères plus généralement appelés Saloum Saloum. Ils sont à l’origine du sport national : la lutte sérère qui fait le plaisir télévisé dominical des sénégalais. La plupart des champions sont sérères bien que des de très bons lutteurs Diolas fassent trembler le Stade Demba Diop ou se déroulent les épreuves nationales. Ils sont répartis sur la côte de Rufisque jusqu’à la frontière gambienne. La pénétration dans le territoire va jusqu’à Koalack ou Fatick.

LEBOU (7%) : Bien qu’ils soient une ethnie à part entière ils sont presque entièrement «wolofisés». Ce sont les premiers et principaux occupants de la presqu’île du Cap Vert. Peuple de pêcheurs on les retrouve de Rufisque au Sud à Kayar au Nord. Bien qu’ils habitent la plus grande et la plus moderne ville du pays ils ont un taux d’alphabétisation déplorable et sont accusés par de nombreux membres des autres ethnies d’avoir les villages les plus sales d’Afrique de l’ouest. Il est vrai que N’gor village, Yoff pêcheur, Rufisque, Kayar, Yérakh, Thiaroye ou Pikine sont défigurés par l’extrême saleté des rues. Chacun nettoie certes chez soi mais la notion de propreté collective a du mal à rentrer dans les moeurs. Il faut éviter la baignade près d'un village Lébou. Elles servent en effet de lattrines pour les enfants et surtout de poubelles pour les ménagères qui ont pourtant à leur disposition des bennes vidées régulièrement. Les Lébous sont en majorité musulmans de confrérie Layène. Leurs noms les plus courants sont GUEYE, SAMBOU BAKHOUM. On tend de plus en plus à les associer aux Wolofs dont ils ont adopté à quelques mots près le dialecte.

FORESTIERS Les forestiers sont constitués des ethnies habitant la Casamance qui annonce les premières zones de forêts pluviales africaines. Toutes les zones africaines de forêt dense abritent une forte densité d’ethnies. C’est donc aussi le cas pour la Casamance. Les forestiers casamançais sont à majorité catholiques mais ont une lointaine tradition animiste qu’ils souhaitent souvent préserver. Les ethnies forestières casamançaises se retrouvent de la Gambie jusqu’en Guinée Bissau voir jusqu’en Guinée. Les Diolas (9%) : Ils sont de loin l’ethnie majoritaire. En fait les Diolas sont divisés en de nombreux sous-groupes qui parfois ne se comprennent même pas : les Essils (vers Thionk), les Fognys (vers Baïla), les Erings, les Bayots (au Sud), les Floups (à Oussouye) ... Ils sont pour la plupart agriculteurs mais les missions catholiques prodiguant un enseignement de qualité, on les retrouve aujourd’hui dans de bonnes places d’administrateur et même dans les hautes sphères du pouvoir. Ils sont discrets et fiers de nature. La forêt et les bolongs n’ont aucun secret pour eux. L’ethnie la plus connue est sans aucun doute les Floups dont le roi, le roi d’Oussouye, exerce encore des pouvoirs traditionnels importants. Cependant il semble que le dialecte Fogny soit le plus répandu. Ils sont en majorité catholiques. Leurs noms de famille les plus courants sont Diatta, Badji, Sagna, Goudiaby, Mane, Sane, Badiatte, Bassene, Himbane. Les Balantes (2%) : C’est une ethnie dont la plupart des membres sont en Guinée Bissau. C’est d’ailleurs l’ethnie la plus importante de ce pays. Ils sont cultivateurs dans toute la région frontalière. Leur spécialité est la culture d’anacardier dont ils tirent de sa pomme le vin de cajou appelé Cadjou. Leur morphologie ressemble à celle des Diolas quoiqu’un peu plus claire. Ils sont connus en Casamance pour être voleurs car un Balante pour prouver son courage à sa future épouse doit voler un bœuf ! Le Balante est enseigné à l’école au même titre que le wolof, le Sérère, le Diola, le Peulh et le Mandingue.

MANJAK (1%) : A l’instar des Balantes ils vivent principalement en Guinée-Bissau. Ce sont de très bons artisans et leur principal talent se trouve dans la fabrication de pagnes. Ce sont également de très bons sculpteurs. Ils font souvent vivre le pays de l’extérieur car ils ont émigré en masse et occupent dans le monde entier des places très qualifiées. Sans compter nos sportifs champions du monde (Mendy le boxeur, les footballeur Gomis, Mendy etc...). Les noms de famille les plus répandus sont Mendy, Gomis, etc... Les Mankagnes (1%) : Tout comme les Manjaks et les Balantes ils vivent pour la plupart en Guinée-Bissau. Leur principale activité en milieu rural est la culture du riz. Les traditions Mankagnes font que les étrangers sont reçus chez eux avec encore plus d’attention qu’ailleurs. Leurs noms de famille les plus courants on peut citer Samy et Badiana.

BAÏNOUK (2%) : C’est l’ethnie dont les membres ont la plus petite taille du pays. Ils sont très peu nombreux en Casamance et occupent quelques rares villages ou quartiers. Comme les autres forestiers ils sont souvent agriculteurs. Ils sont aussi souvent catholiques que musulmans. Le nom de famille Baïnouk le plus répandu est Diandy . Il semble selon de nombreux historiens qu’ils soient l’ethnie la plus ancienne de Casamance. Les Karoninkas (1%) : Très proches des Diolas ils vivent principalement au Sud Ouest de la Gambie à la frontière Casamançaise. Mais on en rencontre jusqu’à Diouloulou. Ils sont agriculteurs et catholiques. Les îles Karones auxquelles ils ont donné leur nom sont un dédale de mangroves et d'îles inaccessibles où est cultivée la plus grosse partie de la marijuana du pays. Leur savoir faire dans ce domaine est d'ailleurs incontestable. Les Pepels (1%) : Nino Veiria, l'ex-Président Bissau guinéen fait partie de cette ethnie. C’est autour de la ville de Bissau qu’ils sont les plus nombreux et le nombre de Pepels en Casamance est très faible. Contrairement aux autres ethnies, leur principale activité est la chasse. Ils ne peuvent malheureusement pas la pratiquer en Casamance. Ils sont catholiques. Leur nom de famille sont le plus souvent d’origine portugaise (Cunia, Veiria, Ca, Monteiro...)

NIAK, MANDINGUE et MALINKE (4%): malgré leur religion musulmane, ils sont considérés comme les grands sorciers du Sénégal. Leur animal fétiche, le lion, est présent dans tous les récits et légendes, et nombreux sont ceux qui paraît-il se transforment en félins sanguinaires. Comme les Bambaras, les Malinkés sont des Mandingues. Assez nombreux dans le Sénégal oriental à la frontière malienne, ils vivent en quartier clos et les vieux sont craints de la population. Si vous voyez un jour un homme recouvert de feuilles et de boue et suivi par un jeune apprenti, soyez certain que c’est un Malinké qui contre quelques pièces va de case en case prédire le futur aux mères de famille à la fois amusées et inquiètes. Les Bambaras(2%): En dépit de leur très proche parenté avec les Malinkés, les Bambaras sont considérés au Sénégal comme des Niaks c’est à dire des noirs non sénégalais. Il est vrai que le noyau de l’ethnie se trouve au Mali. Les quelques rares Bambaras vivent dans la région de Tambacounda et plus spécialement à l’est du département de Kédougou. Musulmans convaincus ils n’ont pas cette activité de sorciers que cultivent leurs cousins Malinkés. Les ethnies autochtones rares Les Tendas Bediks (1%): Animistes des montagnes du Sénégal oriental, ils ont les mêmes rites que les Bassaris. Très peu nombreux, ils habitent dans des villages perchés sur des montagnes (Landini, Andiel, Bandafassi, Ibel, etc..). Leurs noms de famille ont été calqués sur ceux des Mandingues (Malinkés) qui les ont envahis au début du siècle: Keita, etc.. Les Coniaguis (<1%): De la même famille ethnique que les Tendas et les Bassaris, leurs langues présentent quelques similitudes. Comme ces derniers ils sont très peu nombreux et vivent dans les collines du Fouta Djalon mais plutôt du côté guinéen( Youkounkoun). Complètement animistes c’est un des peuples les moins connus d’Afrique de l’ouest. Les Diarankés (1%): Ethnie du Sud-Est du Sénégal (ex: village de Samecouta près de Kédougou) Les Niominkas (1%): Ce sont en fait des Sérères habitant le Saloum. Grands pêcheurs on les retrouve jusqu’en Casamance -village d’Elinkine-. Les Soninkés (3%): Ethnie Mandingue du Mali et du Nord est du Sénégal apparentée au Sarakholés.

ÉTRANGERS Les Nars : Les Nars sont la dénomination générale des habitants d’Afrique du Nord et du Moyens Orient. Ils ont au Sénégal une très grande importance puisqu’ils constituent la première communauté étrangère juste avant les Français. Les deux nationalités les plus représentées sont les Libanais et les Maures de Mauritanie néanmoins très différents. On peut également constater depuis 2 ou 3 ans une arrivée massive d’algériens qui se sont installés dans la Région de Dakar pour fuir soit les islamistes soit le gouvernement... Il est vrai que le Sénégal est un riche parmi les pauvres et qu’il est démocratique. La vie y étant bon marché ces Algériens y ont trouvé une quiétude qu’il n’ont plus dans leur pays. Les Marocains sont peu nombreux mais très appréciés puisqu'ils sont les seuls membres du monde arabe à respecter le peuple Noir . L'amitié entre le Maroc et le Sénégal est vieux de plusieurs centaines d'années puisque le Sénégal dans son histoire a eut de nombreux échange avec ce pays. Aujourd'hui, le Maroc et le pays non occidental à recevoir le plus d'étudiants sénégalais. Les Maures restent néanmoins les Nars les plus nombreux. Il sont facilement reconnaissables puisqu’ils portent presque tous une longue Djelabbah bleue et une barbe. Avares de parole leur mode de vie et leurs activités peuvent paraître étranges aux yeux des européens. Ils ne se mélangent que rarement aux Sénégalais et vivent le plus souvent une vie de célibataire endurci. Une grosse partie du petit commerce sénégalais leur appartient et constitue une de leurs deux activités, la seconde étant la fabrication de bijoux et autres objets en argent. N’ayant pas de loisirs, la quasi-totalité de leurs bénéfices retourne en Mauritanie. Leur répartition est très bien organisée puisque dans les plus petits villages reculés ils tiennent parfois l’unique boutique. Les Libanais, résident depuis longtemps au Sénégal… mais sont les moins intégrés dans le tissu social local, parmi les communautés immigrées.

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