Venezuela (2007)

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 VENEZUELA

Le Venezuela est un pays d'Amérique du Sud, bordé au nord par la mer des Caraïbes, au nord-est par l'océan Atlantique, à l'est par le Guyana, au sud par le Brésil, et au sud-ouest et à l'ouest par la Colombie.
Parmi les quelque 70 îles au large qui appartiennent au Venezuela, Margarita est la plus grande et la plus importante. La superficie totale du Venezuela est de 912 050 km². La capitale la plus grande ville du pays est Caracas.

Géographie

Le Venezuela se compose de quatre régions géographiques distinctes. Au nord-ouest et au nord se trouvent les ANDES, hautes terres vénézuéliennes, qui comprennent le point le plus élevé du pays, le pic Bolívar (5007 m) dans la chaîne de Mérida.
À l'ouest de cette chaîne montagneuse se trouve une vaste dépression, avec des collines et des bas plateaux comprenant le lac Maracaibo qui est reliée au golfe du Venezuela. Les Llanos, une région de plaines alluviales, se trouvent dans la région nord centrale.  c'est une zone peu propice à l'agriculture (excepté l'élevage des bovins) et peu peuplée.
Enfin, le massif des Guyanes, qui atteint des altitudes de plus de 2 700 m, s'étend dans le sud-est et le sud. Il comprend les chaînes de la sierra Parima et de la sierra Pacaraïna, qui constituent une partie de la frontière avec le Brésil.
La partie côtière des Llanos s'étend jusqu'à l'océan Atlantique elle est arrosée par le fleuve Orénoque, l'axe hydrographique du pays, qui s'étend sur 2 360 km et qui draine approximativement les quatre cinquièmes de la superficie totale du pays. Ses affluents parcourent tout le territoire,  l'Apure, le río Meta et le río Negro. Les chutes de l'Ange (Salto del Angel), une des chutes d'eau les plus importantes au monde, se trouvent dans la partie orientale des hautes terres.
Au Venezuela, à la lisière de la forêt amazonienne, la région des Tepui. Ces immenses colonnes de grès existent depuis 180 millions d'années. Et c'est un territoire encore quasiment inexploré. Composé d’une multitude de cataractes, créées par des pluies abondantes qui expliquent aussi la richesse de la végétation.  le Salto Angel, une chute vertigineuse de 979 mètres. Salto : comme un saut, c'est clair, mais pourquoi Angel ? Parce que dans les années 20, cet homme, Jimmy Angel, aviateur américain, accompagnant un chercheur d'or, trouve au sommet de l'une de ces colonnes un filon extraordinaire.
Ensuite, sans relâche, Jimmy le recherche. Il ne le retrouve jamais, mais découvre par hasard la plus grande cataracte du monde et lui donne son nom : Salto Angel.

Le climat du Venezuela est tropical dans les Llanos et en bordure de la côte, et tempéré par l'altitude dans les régions montagneuses. Les températures moyennes à Caracas et Maracaibo atteignent respectivement 18°C et 27°C en janvier, et 21°C et 29°C en juillet.

Société

Le nombre d'habitants est estimé à 20 000 000. Environ 67% des Vénézuéliens sont des métis et quelque 20% sont d'origine européenne. Le reste de la population comporte une majorité de Noirs, un faible pourcentage est composé d'Amérindiens. La majorité de la population est concentrée dans les hautes terres du nord ou dans les régions côtières et une minorité habite la vaste zone située au sud du fleuve Orénoque.
Le Venezuela est divisé en 22 États, 72 dépendances fédérales dans les Caraïbes et un district fédéral autour de Caracas.
Caracas est la capitale ainsi que le centre financier et commercial du Venezuela. La ville voisine de La Guaira lui sert de port maritime. Maracaibo, la deuxième ville du pays, se trouve au bord du lac du même nom et est un centre majeur de l'industrie pétrolière. Valencia est une des principales villes industrielles du pays et Barquisimeto est un carrefour de commerce majeur. L'espagnol est la langue officielle du Venezuela. 
Le Venezuela est une république à régime présidentiel, gouvernée avec une constitution adoptée en 1961. Le chef de l'exécutif est le président. Chacun des États du Venezuela est dirigé par un gouverneur, nommé par le président de la République, les représentants du pouvoir législatif sont élus au suffrage universel.

Economie
Les principales récoltes sont la canne à sucre, les bananes, le maïs, le riz, le café, le sorgho, le manioc, les oranges et les noix de coco. L'élevage de bétail se pratique principalement sur les Llanos et à l'est du lac Maracaibo. Le cheptel se compose essentiellement de bœufs et de porcs.
La pêche représente un secteur prédominant. Du point de vue commercial, les prises les plus importantes sont les crevettes, le thon et la sardine. D'importantes pêcheries de perles se trouvent au large de l'île de Margarita.
Le pétrole, situé dans le bassin du lac Maracaibo et dans l'est du pays, occupe la première place de l'économie vénézuélienne. Le pétrole, brut et raffiné, est la principale source de revenus du pays et fournit la majorité des revenus à l'exportation. Le Venezuela se trouve parmi les premiers producteurs mondiaux de pétrole. Il est un des membres fondateurs de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP). Le pays est également un important producteur de gaz naturel. Presque tout reste a faire pour le tourisme,
malgré la diversité de ses paysages, accueil, propreté. Il est quasi impossible de trouver des cartes postales ou souvenirs.

Histoire

Le territoire de l'actuel Venezuela était à l'origine habité par plusieurs groupes indigènes, comprenant des Caraïbes, des Arawaks et des Cumanagatos.
Christophe Colomb fut le premier explorateur à atteindre cette région en 1498. Après quoi les Espagnols commencèrent à coloniser les îles et les régions côtières, en 1520.
La première colonie d'importance fut celle de Caracas, en 1567. La région fut nommée Venezuela (Petite Venise) sans doute en raison des maisons du bord de mer qui étaient construites sur pilotis. Jusqu'à l'établissement du vice-royaume de la Nouvelle-Grenade en 1717, le territoire qui correspond aujourd'hui au territoire vénézuélien fut divisé entre le vice-royaume du Pérou et l'Audiencia de Santo Domingo. Puis, en 1777, le pays fut érigé en capitainerie générale et l'économie de la région se développa, fondée sur les exploitations de café, de cacao, de tabac et de coton, et le commerce de ces produits.
L'histoire de la guerre d'indépendance contre l'Espagne mit en scène deux personnages prédominants : Simón Bolívar et Francisco de Miranda, qui prirent tous les deux la tête des mouvements indépendantistes.
Les premières insurrections commencèrent au début du XIXe siècle et l'indépendance fut officiellement proclamée le 5 juillet 1811, suivie, en 1819, par la proclamation de la fédération de Grande Colombie (comprenant le Venezuela, l'Équateur, le Panamá et la Colombie). Des années d'affrontements s'ensuivirent avant que les forces armées menées par Bolívar ne remportent la bataille de Carobobo, en 1821.
Les débuts de l'histoire du Venezuela indépendant furent caractérisés par des révolutions et des contre-révolutions. De 1830 à 1848, le pouvoir fut détenu par les conservateurs, avant de devenir une dictature sous la dynastie des Monagas. Le général José Antonio Páez gouverna pendant dix-huit ans, puis, de 1858 à 1870, le Venezuela fut déchiré par une guerre civile.
De 1870 à 1888, Antonio Guzmán Blanco dirigea le pays de manière autoritaire. Sa politique s'orienta vers une laïcisation de l'État et une modernisation de l'économie. Son gouvernement fut suivi de plusieurs dictatures militaires, dont celle de Cipriano Castro. En 1902, celui-ci s'opposa à la Grande-Bretagne et à l'Allemagne, qui bloquèrent les ports vénézuéliens en raison de dettes non remboursées par l'État vénézuélien. Le conflit fut réglé par le tribunal de La Haye, qui trancha en faveur des Européens en 1904, en juillet 1907, le Venezuela s'était acquitté de ses obligations.
L'année suivante, Castro fut déposé par le général Juan Vicente Gómez, qui conserva le pouvoir de 1908 à 1935. Sous son régime débuta l'exploitation des gisements de pétrole, découverts dès 1840, et qui favorisa l'essor économique du pays.
En 1945, après le renversement de la dictature du général Medina Angarita, Rómulo Betancourt, du parti de l'Action démocratique (AD), devint président du Venezuela et instaura un processus démocratique. Une nouvelle constitution, promulguée en 1947, institua le suffrage universel par bulletin secret. Plus tard la même année, après la première élection démocratique du Venezuela, l'écrivain Rómulo Gallegos fut élu président, mais il fut renversé par une révolte de l'armée.
En 1953, Pérez Jiménez dirigea le pays en instaurant une nouvelle dictature. Le 11 avril 1953, après trois mois de délibération, l'Assemblée constituante donna son approbation finale à une nouvelle Constitution, qui fut promulguée le 15 avril. Le pays, qui était appelé officiellement États-Unis du Venezuela depuis 1864, prit alors le nom de République du Venezuela.
En janvier 1958, Pérez Jiménez fut renversé et remplacé par l'ancien président Betancourt, membre de l'AD, qui mena une politique de réformes et de modernisation de l'agriculture et du secteur industriel. Mais il dut faire face à un malaise social qui provoqua des émeutes pendant toute l'année 1961. Celles-ci furent fomentées à la fois par l'opposition d'extrême droite et les révolutionnaires cubains.
En 1964, un autre membre de l'AD, Raúl Leoni, succéda à Bétancourt. Ne disposant pas de la majorité au Congrès, il forma un gouvernement de coalition.
En décembre 1968, Rafael Caldera Rodríguez, le leader du COPEI (Parti social-chrétien), remporta une étroite victoire électorale sur Leoni et fut installé à la tête du pays en mars 1969.
En 1992, deux tentatives de coup d'État militaire furent réprimées, mais le pouvoir resta fragilisé. Le président Pérez fut suspendu de ses fonctions en mai 1993, après que le Sénat eût décidé de le faire passer en jugement pour détournements et abus de fonds publics. En décembre 1993, Rafael Caldera fut élu à la présidence du pays (pour une seconde fois): il suspendit les garanties constitutionnelles dans l’intention d'enrayer la crise financière et économique et de mettre fin à l'agitation sociale.  

En juin 1996, le Venezuela signa avec le Fonds monétaire international (FMI) un accord de réajustement économique impliquant la hausse des prix des produits de première nécessité et la privatisation de certaines entreprises comme la Corporación de Guyana, l'un des grands complexes industriels publics du pays. La croissance redémarra en 1997 grâce à la hausse des cours du pétrole et l'inflation se maintint autour de 40 %. Mais le pays traversait une crise politique majeure et la paupérisation de la population s'accentuait.   En décembre 1998, l’ex-lieutenant-colonel Hugo Chavez, auteur d'un coup d’État manqué en février 1992 (ce qui lui avait valu deux années de prison) et devenu «héros» des défavorisés, remporta largement l’élection présidentielle, alors que les deux partis qui se partageaient le pouvoir depuis plus de 40 ans furent liquidés. Sa propre coalition, le Pôle patriotique (une dizaine de partis de gauche et nationalistes), obtint 32 % des voix lors des élections législatives de novembre 1998. Investi des pouvoirs de président de la République en février 1999, il annonça le début du «processus révolutionnaire démocratique et pacifique» et affirma son intention d’en finir avec la corruption et le «néolibéralisme sauvage», de redresser l’économie du pays et de «refondre la République». Chavez promit de rendre le pouvoir au peuple en mettant fin au système corrompu accaparé par les deux grandes formations qui avaient signé un accord dans les années soixante pour se partager les responsabilités à la tête de l'État.   Dès sa prestation de serment, le nouveau président refusa de jurer fidélité sur l'ancienne Constitution (1961) et annonça la convocation d'une assemblée constituante, qui devait donner naissance à la Ve République. Malgré l’opposition qui en dénonçait l’illégitimité, les Vénézuéliens approuvèrent massivement par référendum la convocation de l'Assemblée constituante chargée de rédiger la loi fondamentale de la Ve République.  Quelque 70 % des Vénézuéliens approuvèrent, le 15 décembre 1999, la nouvelle Constitution qui fut promulguée le 30 décembre 1999. Le Venezuela a ainsi institutionnalisé la «révolution bolivarienne» de son président, Hugo Chavez. Pour les partisans du OUI, il s'agissait de balayer un ancien régime inefficace et corrompu et d'offrir «un certificat de naissance au nouveau Venezuela» en tant que «démocratie populaire et participative» inspirée de l'exemple de Simon Bolivar, héros du pays et Libertador de l'Amérique latine. Pour les adversaires du nouveau régime, il s'agirait du «suicide d'une nation». Dans la nouvelle Constitution, la torture, la séquestration et les atteintes aux droits de l'homme sont prohibées, tandis que les droits des indigènes (autonomie territoriale, éducation appropriée, interprète dans les procès, etc.) sont enfin reconnus et institutionnalisés. 

Pour marquer cet attachement aux idéaux de Simon Bolivar, le Venezuela s'appelle désormais la République bolivarienne du Venezuela (República Bolivariana de Venezuela). D'ailleurs, le nom de Bolivar est depuis constamment rappelé à la mémoire collective comme l'illustre le grand «Plan Bolivar 2000», qui a permis la scolarisation de centaines de milliers d'enfants, la construction de logements ou la réfection de routes.

L'année 2001 vit le Venezuela prendre un tournant majeur en matière des droits des peuples autochtones. Après des décennies d'indifférence, le Venezuela adopta successivement la Loi sur l’éducation des peuples indigènes et sur l’usage de leurs langues (18 juin 2001) et la Loi d'approbation de la Convention no 169 relative aux peuples indigènes et tribaux de l'Organisation international du travail (17 octobre 2001).  Pour les uns, Hugo Chávez était «El Loco», le fou, tandis que pour les autres il demeurait leur leader. De  leur côté, les médias le taxaient de «populiste» parce qu'il usait de ce qu'il appelle «la démocratie participative». C'est un style de direction qui plaisait au petit peuple, longtemps mis à l'écart par les pouvoirs précédents, mais qui continue aujourd’hui de vivre dans un pays où l’écart entre les riches et les pauvres est colossal, et où la classe moyenne s’est réduite comme peau de chagrin et où la criminalité bat les pires records. 

Quoi qu'il en soit, le président Chavez a été renversé par un coup d'État militaire, le 12 avril 2002. Il avait mécontenté les dirigeants des entreprises, les grands propriétaires terriens et les chefs militaires de son pays en s'attaquant à leurs privilèges par une série de mesures populistes. Voici un témoignage d'un Vénézuélien de haut rang au sujet de Chavez: «Chavez ne respecte pas le protocole. Il fait exprès de mal parler. Beaucoup de Vénézuéliens ne l'aiment pas par pur snobisme, Il leur fait honte, ils ont peur que le monde entier s'imagine que tous les Vénézuéliens sont comme ça.  De plus, il était devenu un ennemi des États-Unis en raison de ses dénonciations du néolibéralisme (qualifié par lui comme «diabolique» et «vénéneux»), son amitié pour Castro et ses liens présumés avec la guérilla de Colombie. Un nouveau gouvernement provisoire, formé par Pedro Carmona (le président du patronat vénézuélien) a prêté serment dans un climat de grande confusion. Le nouveau président a aussitôt dissous l'Assemblée nationale, le Tribunal suprême de justice, et révoqué 49 décrets-lois promulgués dans l'année par son prédécesseur. Toutes ces décisions avaient reçu le soutien du général Efrain Vazquez, le chef de l'armée. 

Puis, le lendemain, des milliers de manifestants pro-Chavez, venus des quartiers les plus démunis de la capitale, ont marché sur le palais présidentiel de Miraflores, en critiquant les arrestations arbitraires commandées par le nouveau gouvernement. Les généraux, qui avaient soutenu le coup d'État, ont changé d'idée et se sont mis à dénoncer, eux aussi, les abus du gouvernement intérimaire. Sous la pression conjuguée des militaires et des milliers de manifestants pro-Chavez, le président Pedro Carmona a alors démissionné.  Il fut aussitôt rétabli dans ses fonctions. Le coup d'État n'aura duré que deux jours, mais il témoigne de la fragilité du pouvoir et de la démocratie dans le pays. La tornade pourrait reprendre à tout moment, car les esprits sont restés «survoltés». Le fossé entre riches et pauvres reste toujours énorme.

En août 2004, Hugo Chavez a dû se soumettre avec réticence à une procédure constitutionnelle visant à le destituer. Sa victoire du référendum l'a placé plus solidement au pouvoir, mais elle n'efface ni les doutes ni les divisions de la société vénézuélienne. En mars 2006, Chavez a fait modifier le drapeau constitué de sept étoiles représentant les sept provinces signataires de l'acte d'indépendance en 1811  Barcelona, Barinas, Caracas, Cumaná, Margarita, Mérida et Trujillo. La huitième étoile désigne désormais celle de Bolivar qui décréta le rattachement des provinces «royalistes» (Coro, Maracaibo et Guyana).  Cette modification se veut une autre adaptation des nombreux symboles de la «révolution socialiste» du président Hugo Chavez.  En 2006 Hugo Chavez fut réélu et souhaite se proclamer président a vie.

Si en cinquante ans, le pétrole a placé le Venezuela en tête des pays d'Amérique latine pour son revenu par habitant et son dynamisme économique, les gouvernants n'ont pas su assurer à la population l'autosuffisance alimentaire. La nation s'est sur endettée, et l'écart se creuse entre la masse et les élites. Les Vénézuéliens vivent encore ans la nostalgie de la grande époque du boum pétrolier, entre 1976 et 1983, année de la chute des cours et du début de la crise. Aujourd'hui, la stabilité du pays est menacée par un déficit budgétaire énorme. Les universités envisagent de fermer leurs portes faute de crédits de fonctionnement. Enfin, le malaise social n'a cessé de s'aggraver et la corruption s'est généralisée.

Le pays est devenu la plaque tournante du trafic de la cocaïne, surtout depuis que la Colombie lutte contre les cartels de trafiquants. En dépit de ces difficultés, le Venezuela conserve d'important atouts. Le pays bénéficie de ressources naturelles diversifiées : or, diamants, charbon, énergie hydroélectrique. Une exploitation rationnelle de ces richesses pourrait, dans l'avenir, modifier la donne.

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