SICILE ÎLES EOLIENNES 2009 et 2011 .

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Histoire
 Une légende veut qu'Éole ait colonisé l'archipel pendant la guerre de Troie, une autre que ce soit le fait d'Italiens méridionaux. On sait de source sûre que des Grecs de Cnide débarquèrent en 580 av. J.-C., avec Pentathlon à leur tête.Une bataille eut lieu entre les flottes romaine et carthaginoise en 260. Rome perdit la bataille.
L'inclusion des Îles Éoliennes au patrimoine mondial de l'Unesco est menacé par le projet urbanistique d'au moins quatre nouveaux ports au village de Lipari .

Géographie

Au total, cet archipel comporte dix sept îles mais seulement sept sont habitées et trois sont accessibles aux automobiles. Toutes ont une origine volcanique mais seules Vulcano et Stromboli ont encore un volcan actif.
Lipari  10 554 habitants, dont la ville de même nom est la capitale. On y trouve des carrières de pierre ponce.
Stromboli  420 habitants, avec le célèbre volcan en activité importante, le seul d'Europe avec l'Etna.
Vulcano  dont le volcan (391 mètres d'altitude) en sommeil depuis 1890, émet des fumerolles. Au bord de la mer, des bains de boue sulfureuse qui soulagent différentes affections.
Alicudi est l'île la plus occidentale de l'archipel et ne comporte qu'environ 150 habitants.
Filicudi comporte 6 volcans éteints et environ 250 habitants.
Salina est la seconde plus grande île de l'archipel (27 km²). Elle tire son nom des exploitations de sel qui s'y trouvaient. Elle comporte 2 300 habitants.
Panarea ne mesure que 3,4 km² et compte 280 habitants.

La Sicile
Île située au sud de l'Italie, à 3 km de la péninsule dont elle est séparée par le détroit de Messine et à 140 km de la Tunisie . L'île bénéficie d'un climat méditerranéen, aux hivers doux et humides et aux étés chauds et très secs. Au printemps les paysages sont verts et fleuris, en été ils sont jaunes et peu de végétation. L'aridité est marquée dans le sud, directement atteint par le sirocco. La Sicile souffre d'ailleurs d'un déficit chronique en eau, occasionnant régulièrement des coupures.
Le relief de l'île est souvent montagneux, en particulier au nord avec les monts de Nebrodi et de Madonies, prolongements des Apennins. Le centre et le sud sont composés de collines. Il existe de rares plaines, notamment la plaine de Catane et la Conca d'Oro, localisée à la rencontre de la plaque eurasienne et de la plaque africaine, l'île est célèbre pour le volcan Etna. La Sicile est également exposée aux tremblements de terre, comme à Messine en 1908 ou dans la vallée du Belice en 1968. Le réseau hydrographique est constitué de petits fleuves et de cours d'eaux pérennes.
La Sicile est peuplée de plus de 5 millions d'habitants. Sa densité est de 197 habitants par km², contre 68.7 pour la Sardaigne et 32 pour la Corse. La population se concentre dans de grandes métropoles (Palerme, Catane, Messine, Syracuse), ainsi que dans de multiples bourgs et petites villes à l'habitat groupé.
Surnommée Trinacrie dans l'Antiquité grecque en raison de sa forme triangulaire, sa situation de verrou au centre de la mer Méditerranée lui a toujours conféré une position stratégique. Ceci explique la richesse culturelle de l'île. Le continuel mélange de populations explique le physique très varié des siciliens, certaines personnes ont des traits arabisants, d'autres ont un teint très clair, hérité des normands. Les siciliens ont en général un tempérament plus réservé que les italiens du nord, mais ne perdent pas pour autant une chaleur et un goût pour les festivités.
La langue officielle est l'italien, mais le sicilien est couramment utilisé dans les conversations en famille ou entre amis. À l'intérieur même du dialecte sicilien, on trouve d'autres dialectes, différents suivant les endroits de la Sicile.

 L'Etna, dénommé aussi Mongibello (la Montagne des Montagnes), est l'un des volcans les plus actifs au monde. Il domine de sa masse imposante la ville de Catane et toute la côte est de la Sicile, au sud de l'Italie. Ce géant qui a environ 45 km de Ø à sa base, et cependant légèrement allongé dans le sens Nord-Sud. Il culmine actuellement à 3 345 m d'altitude. 
    On peut d'ailleurs appréhender sa forme massive depuis le théâtre grec de Taormine où il constitue le fond de scène. L'Etna s'y présente de loin comme un cône bien régulier. Cependant, ce stratovolcan d'environ 1200 km² a ses pentes constellées par plus de 250 cônes volcaniques dits mono géniques (car issus d’une unique éruption). De plus  son flanc est présente une large échancrure : le Val del Bove. Son sommet d'ou s'échappe un nuage blanc de vapeur d’eau et de gaz avec parfois, lors d'une éruption sommitale, un nuage de cendres témoigne que l'Etna est un volcan actif. L’Etna est en fait un volcan récent. Les premières coulées de lave, qui sont visibles au bord de mer, notamment les fameux rochers des Cyclopes, se sont épanchés il y a environ 300 000 ans. C’est avec le Stromboli, tout proche, et avec l'Hekla et le Krafla, en Islande, le volcan d’Europe le plus actif. 
D'un point de vue tectonique l'Etna se situe dans une zone à la  limite entre la plaque Afrique et la plaque Europe. Véritable volcan laboratoire l'Etna attire les volcanologues du monde entier qui viennent ausculter en direct les fureurs de la terre et tester leurs techniques d'analyses et de prévisions.

Le sommet de l'Etna
    Le sommet de l’Etna comporte actuellement quatre cratères ou bouches qui se sont ouverts au cours du siècle précédent : le cratère nord-est (1911), le cratère central avec la Voragine (1945) et la Bocca Nuova (1968), et le grand dernier : le cratère sud-est (1971). Le sommet, en l’occurrence le cratère nord-est, voit son altitude se modifiée au gré des éruptions : 3 263 m en 1932,  3 295 m en 1956,  3 323 m en 1964, 3 345 m en 1978, 3 318 m en juin 1989,  mais il risque, si l'activité au cône sud-est se maintient, d'être dépassé par le petit dernier. Si  les  cratères montent en altitude  ils s’agrandissent également. La  Bocca Nuova, qui n’était qu’un trou de quelques mètres de Ø lors de son ouverture, en 1968, est aujourd'hui un cratère de plus de 300 m de Ø. Dans un proche avenir le « diaphragme », qui sépare la Bocca Nuova de l’autre cratère tout proche, la Voragine, s’effondrera pour laisser place à un immense cratère central. 
    Ces quatre cratères sont "posés" sur un large replat qui se trouve vers 2 900 m. Cette zone correspond à une caldeira, le cratère elliptique, qui a été comblée par la succession des éruptions sommitales.

Les éruptions de l'Etna 
Les géologues considèrent que l’activité historique de l'Etna débute avec l'éruption de 122 av. J.-C  et la formation du cratère del Piano. Depuis, l'Etna a connu des centaines d'éruptions. On peut distinguer quatre grands types d'éruptions :

Les éruptions sommitales
Activité strombolienne. Elles se produisent dans l'un des quatre cratères du sommet, avec le plus souvent un lac de lave ou la constitution d'un petit cône de scories suite à des explosions dites stromboliennes. Cette activité se manifeste aussi par un dégazage important. C'est l'activité la plus habituelle sur l'Etna. Avec parfois un débordement de lave depuis un des cratères.

Activité paroxysmale. Parfois un des cratères du sommet présente un paroxysme, comme ce qui s'est produit récemment au cône sud-est. Le plus souvent imprévisible, une fontaine de lave de plusieurs centaines de mètres de hauteur (elle peut atteindre les 800 m) sort d'un des cratères. Ce phénomène dure quelques minutes à plusieurs dizaines de minutes.
Les éruptions phréatiques. Cette relative simplicité de l'activité des cratères sommitaux de l'Etna est oblitérée par l'eau. Il peut ainsi se produire des explosions dites  phréatiques ou phréatomagmatiques après de fortes pluies ou des chutes de neige, entraînant parfois aussi des effondrements à l'intérieur des cratères. C’est une explosion due à une surpression d’eau, proche d’une source de chaleur. Elle projette des blocs du soubassement avec parfois le passage à une éruption phréatomagmatique  qui est le résultat de la rencontre entre du magma et de l’eau.
Les éruptions latérales
Ces éruptions se produisent sur les flancs du volcan.  En fait, selon que l'éruption est proche des cratères ou éloignée nous distinguerons deux types : Les éruptions latérales. Comme celles qui se sont produites récemment (1983, 1984, 1991-1992, 1999), sont des fissures éruptives, avec un dyke issu des cratères sommitaux. Ces fissures se mettent en place entre 2900 m et 2000 m. Ce type d'éruption se caractérise par une très faible activité explosive, avec une mise en place uniquement de quelques hornitos et émission de coulées de lave de type aa.
Si la pente est importante, comme pour l'éruption de 1991-1992, ou comme pour l'éruption de 1983, les coulées peuvent emprunter des tunnels. Quand la  lave sort de ces tunnels elle se présente avec une morphologie de type pahoehoe, caractéristique d'une lave très fluide et très chaude comme on peut l'observer à Hawaii.
 
Les éruptions dites excentriques 
Elles sont relativement rares dans le temps, mais la mémoire de l'homme s'en souvient, car se sont les plus destructrices. En effet, à basse altitude de 1900 à 600 m des petits volcans explosifs peuvent se mettre en place, comme ce qui est arrivé en 1669 à Nicolosi, avec la "construction" des monte Rossi et l'émission d'une coulée de lave abondante qui détruisit une partie de la ville de Catane et une quinzaine de villages. Ce fut le cas également avec l'éruption de 1928 qui détruisit le village de Mascali. Ce type d'éruption est à l'origine de tous ces cônes, dits adventifs, qui parsèment les flancs de l'Etna. Ces cônes volcaniques sont plus nombreux sur les versants sud et nord-nord-est et traduisent une zone de "rift", une zone de faiblesse de l'Etna qui est un passage privilégié du magma. Autre éruption celle de 1892 avec la mise en place des cratères Sylvestri en 1892 à l'altitude de 1900 m.

   L'éruption paroxysmale du 24 septembre 1986
En 1986, l'Etna était au repos, depuis le mois de janvier, quand une nouvelle éruption débuta le 14 septembre dans le cratère nord-est. 
Pendant les premiers jours son activité attire de nombreux touristes.

— Le 23 septembre les volcanologues travaillant près du cratère ressentent et enregistrent de nombreux séismes inquiétants et observent l'intensification du phénomène explosif. 
— Le 24 septembre au matin, la montagne montre une accalmie totale. En s'approchant, les volcanologues découvrent un changement important de la forme du cratère et de nombreuses fissures. 
Ils préviennent les guides d'un risque éminent du changement d'activité et leur conseillent de ne plus s'approcher avec les touristes. 
D'un seul coup, en fin de matinée, de la vapeur blanche commence à s'échapper du cratère. 
— 12h30 on observe pendant 20 minutes un premier panache de cendres. A 13h22 début d'une importante série d'explosions de cendres noires, qui durent chacune quelques minutes entrecoupées de phases de repos. 
— 18h10 les bombes tombent à 300 m de la bouche d'émission. Les volcanologues s'enfuient pour se mettre en sécurité. — 18h30 les bombes montent à plus de 700 m de haut et retombent à 800 m du cratère.  — 18h45 la fontaine de magma s'élève à 1 000 m.
Des bombes d'une tonne sont projetées à plus de 2 km d'altitude et retombent jusqu'à 3 km du sommet.  La vitesse des gaz qui s'échappent dépasse 300 m/s. Des scories de 15 cm sont expulsées à 7 km du cratère. 
À Catane, située 27 km plus loin, les gens sortent leur parapluie pour se protéger des retombées de cendres.  À 19 h,  le volcan cesse brusquement son activité. 
On a évalué à 2,6 millions de m³, le volume des matériaux volcaniques émis pendant les 15 minutes qu'a duré le paroxysme. 
D'après les observations et les mesure de déformations de surface, il apparaitrait qu'un dyke (fissure ouverte ou passe le magma) de 1,5 km de long et situé à 1 km de profondeur se soit mis en place avant le paroxysme, mais sans jamais atteindre la surface. De ce fait la dépressurisation qui a suivi la mise en place de ce dyke a provoqué ce paroxysme. 
 L'éruption latérale de l'Etna  en 1991-1992

Après quelques mois de repos, l'Etna entre de nouveau en activité le 14 décembre 1991. Commence la plus longue éruption de l’Etna du XXe siècle (473 jours).
— Le 15 décembre, une fissure s'ouvre à 2 300 m d'altitude sur les flancs du volcan dans la célèbre Valle del Bove. Une fracture, ayant la même orientation que celle de 1989, s’ouvre au pied du cratère sud-est. Successivement, à une altitude de 2 400 m, sur la paroi occidentale de la Valle del Bove, des bouches s'ouvrent et émettent des coulées de lave.
— Le 17 décembre, les laves descendent jusqu'à 1 600 m.

 — Le 25 décembre les coulées de lave menacent le village de Zafferana et son  approvisionnement en eau. Des bulldozers mettent en place des digues en terre afin de dévier la coulée et de protéger les habitations. La police installe des barrages pour décourager les curieux.
— Le 29 décembre. Le front de lave mesure 400 m de large et 10 m de haut. Une partie des structures d'approvisionnement en eau sont ensevelies. Des vergers sont menacés. On évacue quelques maisons isolées. Le débit journalier de la lave est estimé à 1 million de m³.
Les habitants de Zafferana s'inquiètent car la lave s'épanche de façon souterraine, dans des tunnels de lave ce qui conserve sa température et sa fluidité et lui permet de s'écouler très loin.
— Le 31 décembre elle descend jusqu'à 1 250 m d'altitude.
Face à cette menace les autorités prennent  la décision de construire une immense digue de terre.
— Le 3 janvier le front de lave descend jusqu'à 1 000 m.
En janvier et en février l'activité de l'Etna se maintient, les coulées de lave s'écoulent toujours dans des tunnels de lave et ressortent un peu plus loin.
En mars, les coulées arrivent à 800 m d’altitude. Heureusement, elles se superposent et ne vont pas plus loin.
— Le 8 avril, la lave passe au-dessus du barrage construit durant le mois de janvier. Quelques jours plus tard la lave avance et, après avoir franchi d'autres barrages édifiés en toute hâte, atteint la côte de 750 m d'altitude.
— Le 9 mai la lave s'écoule rapidement et avance sur des vergers. Les habitants de Zafferana accusent l'état italien d'incompétences, nous sommes en période électorale.
Les habitants d'un autre village, Milo, expriment leur mécontentement, ils ont peur que la coulée déviée descendent sur leur territoire. Les écologistes ont un autre avis, pour eux, lors d'une éruption la coulée de lave doit s'épancher naturellement sans aucune intervention de l'homme.
Les volcanologues imaginent d'autres moyens que les barrages et proposent d'endiguer la coulée à sa source. Des bulldozers essayent d'entamer le bord du tunnel, puis, des artificiers font sauter avec de la dynamite la paroi restante mais le chantier est perturbé par d'autres coulées de lave.

Des hélicoptères de l’armée américaine tentent d'obstruer le tunnel de lave en amont. Une ouverture est alors réalisée dans la voûte du tunnel principal. Les hélicoptères déposent près du bord des blocs de béton d'une tonne. Ceux-ci sont ensuite enchaînés les uns aux autres. Puis les techniciens essayent de les faire tomber à l'intérieur du tunnel de lave pour le boucher. 
Mais rien n'y fait l'Etna continue d'épancher ses laves. L'éruption s'arrêtera après plus d’un an d'activité le 30 mars 1993. 
Camions, pelleteuses, créations de pistes, hélicoptères, abattage d'arbres, déplacement de beaucoup de terre...autant de nuisances crées par l'Homme, qui somme toute, sont peut être plus dévastatrices que la coulée elle-même et sans doute beaucoup plus coûteuse !!!

La derniére éruption est l'éruption de 2001 est une éruption latérale sur le flanc sud entre 2100 et 3000 mètres d'altitude.

 

STROMBOLI  Altitude : 923 m
Le Stromboli, dans les îles Eoliennes, au nord-ouest de la Sicile,  présente, depuis plus de 3 000 ans, des explosions et parfois, des coulées de lave dévalent ses pentes. Le Stromboli est ainsi dénommé le phare de la Méditerranée. Par cette activité le Stromboli, ainsi que le volcan Vulcano  quand il était en éruption, constituaient des repères bien visibles pour les navigateurs grecs et étrusques, ces derniers se savaient proches de la Sicile. Ainsi, Ulysse au cours de son errance débarque, après s’être échappé du Cyclope, sur l’île du roi Éole.
 
L'île  d'une superficie de 12,2 km² abrite deux villages : Ginostra au sud-ouest, accessible que par la mer, et Villagio Stromboli, plus important, sur la côte est. La population de 300 personnes en hiver, passe l'été à plusieurs centaines.
Le Stromboli, un stratovolcan, qui culmine à 923 m d’altitude, prend assise sur le fond marin à environ 3000 m de profondeur sur une croûte continentale de 18 km d'épaisseur. Le Stromboli est donc comparable dans une certaine mesure à l’Etna. La partie émergée de volcan est due à la superposition de coulées de lave et de dépôts dits pyroclastiques (cendres, scories, blocs). Ce volcan de forme conique bien régulière est constitué par deux édifices volcaniques emboîtés.
 Le paléostromboli, la partie la plus ancienne du Stromboli. Le Vancori, l'édifice le plus ancien et point culminant (923 m), est ouvert, sur son flanc nord-ouest, par une large échancrure en forme de fer à cheval, qui se prolonge sous la mer.
C’est là que se trouve à 750 m d’altitude le cratère actif d’environ 300 m de diamètre. Ce cratère actif se présente comme une plate-forme sur laquelle s’ouvrent les bouches explosives et parfois, selon l'activité, des petits cônes et des hornitos. La morphologie de ce cratère (forme et nombre de bouches) est en continuelle évolution en fonction de l’activité éruptive. Actuellement il y a 3 bouches particulièrement actives depuis la fin du mois de juin 2003, l'activité explosive au niveau des cratères sommitaux a repris. 
Toutefois, les explosions sont irrégulires de quelques minutes à 30 minutes, avec une colonne de cendres et de bombes très verticales montant à plus d'une centaine de mètres de hauteur. La bouche 3 (le cratère sud-ouest) présente également des explosions, mais d'ampleur beaucoup plus réduite, avec des petits panaches de poussières s'élevant des murs du cratère. 
Les éboulements, par intermittence, au niveau de la Sciara se produisent toujours. Parfois, des coulés de lave sont émises et dévalent le flanc nord-est : la Sciara del Fuoco. Une des montées vers le sommet du Stromboli longe cette Sciara del Fuoco.
  Les bouches du cratère du Stromboli, à intervalle plus ou moins régulier (toutes les quelques minutes à quelques heures), explosent (quelques secondes) en éjectant des lambeaux de lave incandescente et des cendres. Parfois, des coulées de lave descendent jusqu’en mer par les pentes raides et chaotiques de la Sciara del Fuoco. Ce phénomène, si caractéristique, avec la succession d’explosion et d’éjection de bombes autour de la cheminée définit le dynamisme éruptif dit strombolien.
Cependant, le dynamisme éruptif du Stromboli peut changer. Il peut se produire parfois des explosions beaucoup plus importantes. L’une des plus fortes fut celle qui se produisit le 11 septembre 1930, l’île se souleva de plusieurs mètres et des blocs de plus de 30 tonnes retombèrent sur des maisons du village de Ginostra qui se trouve quand même à 2 km des cratères. 
Le Stromboli présente plusieurs effondrements de flancs. Les accidents les plus récents sont bien visibles et se sont produits au sommet du volcan. Il y a 13 000 ans un énorme effondrement détruisit l'ancien sommet du Stromboli (le Vancori) et dont il ne reste que le rempart ouest et encore point culminant du Stromboli. 
Il se produisit un autre effondrement, à l’origine de la Sciara del Fuego, il y a près de 5 000 ans. Ce glissement est à mettre en relation avec une énorme éruption de type phréatomagmatique à la fin de la période dite Néostromboli (13 000 - 5 000 ans), qui fragilisa les pentes est du volcan. Les dépôts de cette éruption ont mis en évidence des blocs de roches grenues, des monzonites. Ces monzonites sont caractéristiques d'un domaine subvolcanique situé à faible profondeur  (environ 1 km), qui a peut être, en prenant l'exemple du Mont St-Helens, été brusquement dépressurisé lors d'un glissement.

Ces glissements de pente, comme sur l’Etna, sont les zones fragiles du volcan où vont s’injecter les dykes d’alimentation des bouches.
Le nouveau Stromboli
Le 28 décembre 2002, l'activité séculaire du Stromboli se modifie brusquement.  Une très forte explosion recouvre de cendres le village de Stromboli. La paroi nord du cratère nord-est du Stromboli s'effondre et se présente, encore actuellement avec une forme en V. Des coulées de lave sont émises depuis une fissure sous le cratère nord-est. Elles dévalent la Sciara del Fuoco et arrivent en mer en 30 minutes. Cette activité avec émission de coulées de lave s'est déjà produite en 1967, 1975 et 1985-86, mais elle n'a jamais été très longue (au maximum 4 mois).
 Le 30 décembre  2002, un nouveau phénomène apparaît , deux glissements de terrain de plusieurs millions de  m³  de blocs et de cendres depuis une zone dans la Sciara del Fuoco et emportant la coulée émise depuis le 28 décembre. Après un retrait de la mer, des vagues de plusieurs mètres de haut blessent 6 personnes sur l’île tout en provoquant des dégâts importants, avec des murs fracassés, des habitations littorales de Stromboli et à Ginostra. Le glissement s'est prolongé également dans le versant sous-marin provoquant un raz-de-marée dont la vague s'abat sur les maisons en bord de mer. L'onde de choc se propage jusqu’à Panarea, où 5 bateaux sont endommagés, et à Milazzo (à 60 km de distance), où un pétrolier, en cours de déchargement, rompt ses amarres sous l’effet de la vague et perd un peu de fuel. Les précédents tsunamis à Stromboli avaient été observés en 1930, 1944 et 1954.
Le 1er janvier 2003, l’île est presque complètement évacuée (vers Lipari) sauf par une quarantaine d’habitants qui refusent énergiquement de partir, estimant que le risque éventuel ne justifie pas une telle mesure et son accès, bien sûr, strictement interdit. L’armée est sur place avec une surveillance permanente par hélicoptère.
Par la suite les coulées de lave s'épanchent  à partir d'un évent situé à 500 m d'altitude, mais la pente est si forte que le front de coulée ne se stabilise pas et des blocs s'éboulent jusqu'en mer. Avec ces éboulements de la coulée il y avait d'autres éboulements depuis une zone proche de celle effondrée du 30 décembre. 
En revanche aucune activité explosive aux cratères sommitaux.
 
  L'explosion du 5 avril 2003
Le 5 avril 2003 à 9h12 (heure locale) un paroxysme se produit au cratère nord-est mais aussi au cratère sud-ouest. Un panache de plus d’un kilomètre de haut s’élève au-dessus du sommet. Des blocs tombent sur Ginostra, au sud, endommageant deux habitations. Un bloc de 20 tonnes tombe près du sentier d'ascension, à 600 m d’altitude. Sa vitesse d’éjection a été calculée entre 290 et 390 km/h. Le panache est important, chargé en cendres qui s'effondrent et provoquent des écoulements pyroclastiques. Toute la zone sommitale fut entièrement recouverte par plusieurs dizaines de centimètres de blocs, et de cendres.
Depuis la fin juin 2003, l'activité explosive au niveau des cratères sommitaux a repris. L'émission de coulée de lave s'est terminée vers le 22 juillet 2003. 
L'observation en avril 2004, montre que la bouche 1 (le cratère nord-est) présente une explosion toutes les 20 à 30 minutes, avec une colonne de cendres et de bombes très verticales montant à une centaine de mètres de hauteur. La bouche 3 (le cratère sud-ouest) présente également des explosions, mais d'ampleur beaucoup plus réduite, avec des petits panaches de poussières s'élevant des murs du cratère. Les éboulements, par intermittence, au niveau de la Sciara se produisent toujours.

Il n’y a pas d’eau et les nuits, même l’été et malgré ce spectacle ardent sont très fraîches et ventées. 
L’ascension au sommet est de nouveau permise depuis 2005, mais pas en individuel. Il faut passer par des guides, qui partent avec leur groupe de plusieurs dizaines de personnes. On peut sans guide monter qu'à  400 m d’altitude. Le guide est en relation par radio avec le centre d'observation volcanologique.  Des caméras, des observateurs, des carabiniers et même un hélicoptère surveillent les mouvements, non du volcan mais plutôt des randonneurs.
Mars 2009. La sismicité, et en particulier le nombre d'explosions par heure augmente en ce moment sur Stromboli. Une ordonnance interdisant l'accès au sommet a été déposée par la Mairie de Lipari.

VULCANO (Italie)
Altitude : 500 m
 Vulcano, qui est l’'île la plus méridionale de l’archipel éolien, n'est séparée de Lipari,  toute proche, que par un petit bras de mer d'environ 800 m et d'une profondeur maximale de 40 m. L'île de Vulcano présente quatre édifices volcaniques individualisés avec du sud au nord : la caldeira del Piano, le complexe de Lentia, le Vulcano Fossa (le volcan actif) et Vulcanello.
La caldeira del Piano est la partie la plus ancienne (120 000 à 98 000 ans) de l'île, c'est un stratovolcan dont le sommet présente une large dépression circulaire de 2,5 km de diamètre. Ce volcan est constitué par une succession de coulées de trachybasalte à des trachyandésites avec, mêlés, des produits pyroclastiques. C’est vers 98 000 ans que se forma la caldeira avec ensuite, jusqu’à 50 000 ans, une activité à l’'intérieur de cette caldeira. C'est ainsi qu'au fil des éruptions cette caldeira fut comblée. Du sommet de Vulcano Fossa il est possible d'observer une coupe de la caldeira del Piano avec une succession de niveaux horizontaux.

Le complexe de Lentia. L’activité volcanique se déplace ensuite vers le nord-ouest de l’'île pour former le complexe dit de Lentia aux environs de 15 500 ans et des laves différenciés sont émises (latites, trachytes et des rhyolites).
 Vulcano Fossa, le volcan central et actif de l’île est un cône d’environ 300 m de haut dont les pentes sont striées de barrancos. Le sommet est un cratère au pourtour (500 m de diamètre) légèrement incliné vers le nord.
Vulcanello, reproduction en miniature de Vulcano Fossa était à l’'origine une île, elle fut reliée par un isthme à Vulcano lors d'’une éruption au XVIesiecle. Cette île de Vulcanello est apparue selon les sources en 183 ou 126 av. J.-C. Les dernières éruptions :
Selon les études historiques, les datations au carbone 14 et l'archéomagnétisme nous pouvons référencer :
Vers 1200 Apr. J.-C. une éruption se serait produite avec une coulée de trachyte
Une éruption s'est produite dans la fourchette d'âge de 1720 à 1739 pour former la coulée d'obsidienne de Pietre Cotte. Cette petite coulée d'obsidienne se trouve sur le flanc nord-ouest de Vulcano Fossa.
 La dernière éruption de Vulcano Fossa date de 1886, et dura trois ans. Elle fut très violente, aucune coulée de lave ne fut émise mais des explosions très importantes expulsèrent des blocs de lave de plusieurs m³ à des centaines de mètres de hauteur ; quelques projections retombèrent sur l’île de Lipari toute proche. Cette éruption fut prise comme modèle pour définir le dynamisme éruptif vulcanien. la pression importante des gaz magmatiques est accentuée par l’'eau qui imbibant le volcan est vaporisée par le magma.
L'activité fumerollienne de Vulcano
Ce volcan assoupi ne manifeste, depuis sa dernière éruption en 1886, qu'une activité fumerollienne : des gaz soufrés s’échappent des fissures situées sur la lèvre de Vulcano Fossa. Des rafales de vents permettent de s’approcher des fumerolles et d’'y découvrir des aiguilles de soufre.
Une fumerolle est une bouche, une fissure, ou un évent d’où s’échappent des émanations gazeuses. Très souvent quand un volcan actif ne présente pas d’'activité éruptive, il fait place à une activité fumerollienne. Celle-ci se manifeste soit par l’émission de vapeur d'eau, et de gaz de haute température comme le sulfure de dihydrogène (H2S), le dioxyde de soufre (SO
2 ).

Le soufre 
Le soufre se trouve donc associé très souvent aux fumerolles, sous la forme de sublimés très caractéristiques avec leurs fines aiguilles et fleurs de couleur jaune vif. La température de sublimation du soufre se situe vers 112 °C, mais celui-ci devient instable à une température inférieure. À la température de 200 °C, il est de couleur rouge cerise et à plus de 250 °C il présente une couleur brun noir.

Sur Vulcano cette activité fumerollienne est fluctuante avec des augmentations de la température importante en 1921-1924 (500-600 °C) et surtout en 1987.
Vulcano est une petite île volcanique de la mer Tyrrhénienne.
Elle est la plus au sud des îles Eoliennes. C'est également le nom du volcan, en activité. Le sommet du cratère donne une vue assez impressionnante sur le cratère lui-même, les fumerolles d'un jaune très vif et au loin les autres îles éoliennes. Le sommet du cratère se trouve à 390 mètres. Au bord de mer se trouvent des plages de sable noir ainsi que des eaux thermales (dont la température varie d'environ 35°C à 50°C suivant les endroits), sentant très fort le soufre mais ayant des vertus thérapeutiques. Malgré la puanteur des lieux, l'activité est incontournable. Cette odeur de soufre peut rester sur le corps pendant plusieurs jours, se remarquant surtout dans la transpiration.

SALINA (îles Eoliennes-Italie)
Altitude : 962 m (Fossa del Felci)
L’île de Salina est, après l’île de Lipari, la deuxième île par sa surface (26,7 km²) de l’archipel éolien. Le nom récent de Salina vient de plantes saliformes situées dans la zone sud-est de l’île. Son nom ancien était Didyme car elle présente deux strato-volcans jumeaux. Les points culminants de l’île sont le Fossa del Felci (962 m), point culminant des îles Eoliennes et le Monte dei Porri (860 m). Ces deux strato-volcans sont séparés par le col de Valdechiesa (290 m).
Selon les études et les datations, il existe 3 autres édifices plus anciens qui sont Secca del Capo, Monte Rivi et Pizzo Corvo avec des roches les plus anciennes datées à 500 000 ans.
A partir de 200 m d’altitude l’on entre dans une forêt relique de laurier et de bruyère, du début du Quaternaire, quand toute la Méditerranée était recouverte par ce type de forêt. 
Le sentier monte fort, mais à l’ombre de cette forêt, et débouche vers 600 m sur une large piste forestière. Ce cratère est entièrement recouvert par une forêt de pins. La vue sur les îles Eoliennes est magnifique avec une belle vue sur Lipari et surtout sur le volcan jumeau du monte Porri.

Salina est la plus fertile et la plus luxuriante des îles Éoliennes : on y cultive de précieux raisins à partir desquels on produit la « Malvasia delle Lipari », un vin très doux, ainsi que des câpres exportés dans le monde entier.
En 1980 a été institué le parc régional de Salina et, en 1988, la réserve naturelle des deux monts. Enfin, le tourisme constitue une ressource supplémentaire pour l’île.

Lipari est la plus grande des îles Eoliennes dans la mer Tyrrhénienne et également la ville principale de cette île. Elle comprend 11 000 habitants permanents dont 5 000 dans la ville de Lipari. Elle appartient à l'Italie et se trouve dans la province de Messine.
Altitude : 593  m
Lipari, située dans la mer Tyrrhénienne, est la plus grande île (36 km²)
Lipari est l’une des trois îles de l’archipel éolien (avec Vulcano et Stromboli) a avoir eu une activité éruptive durant les temps historiques. Ainsi, une des plus belles coulées d’obsidienne au monde, celle du mont Pilato, se mit en place entre 650 et 850 apr. J.-C. Cette coulée est à l’origine de la légende selon laquelle saint Calogerus aurait chassé de l’île les démons et l’enfer. Mais ceux-ci se seraient réfugiés dans le cratère de Vulcanello à Vulcano. Lipari est connu depuis fort longtemps pour ses roches puisque au paléolithique s’y trouvait un important centre d’exploitation de l’obsidienne, un verre volcanique. 
En faisant le tour de Lipari il sera possible de ramener aussi pour sa salle de bain de la pierre ponce.  Toutes ces roches très différenciées témoignent d’une histoire très complexe. Selon Pichler (1980) il y eut quatre grandes périodes à Lipari :

La première période 
Elle forme la base de l’île. Ce sont des laves et des tuffs et les laves les plus anciennes découvertes ont été datées à 223 000 ans. Deux grands volcans se sont alors installés. Avec au nord le Monte Chirica-Costa d’Agosto (un cône pyroclastique) et au cœur de Lipari Monte S. Angelo, l'actuel point culminant de l'île 593 m.

La deuxième période 
Les volcans de Chirica-Costa d’Agosto et de monte S. Angelo présentent une activité terminale avec des effondrements volcano-tectoniques et un arrêt de l’activité puisqu’apparaît des paléosols et des surfaces d’érosion. 
C’est ensuite une importante activité explosive surtout au volcan S. Angelo. Cette activité explosive en association avec un lac a donné des coulées de boue.

La troisième période 
Il y a encore un temps de calme dans l’activité volcanique, puis une reprise des éruptions, qui sont essentiellement sous-marines. Des dômes de rhyolites se mettent en place au sud de Lipari. Ces structures furent ensuite masquées par la mise en place de deux autres dômes : le monte Giardina et le monte Guardia. Cet événement se serait produit il y a environ 22 000 ans.

La dernière période, 
C’est la plus visible, elle se caractérise au nord-est de l’île par des coulées d’obsidienne et des coulées de ponce. Quatre cycles ont été repérés : 
- le cycle de Canetto Dentro qui a émis une petite coulée d’obsidienne ; 
- le cycle de Gabellotto-Fiume Bianco, qui a émis la coulée d’obsidienne de Pomiciazzo (datation entre 11 400 et 8  600 ans) ; 
- le cycle de Forgia Vecchia ; 
- le cycle de Monte Pilato-Rocche Rosse (le dernier) entre 650 et 850 apr. J.-C. 
Tous ces cycles présentent le même processus : d’abord une violente explosion et pour terminer une coulée d’obsidienne est émise.

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