JORDANIE 2010

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La Jordanie est un pays du Moyen-Orient de 89 000 Km², entouré par la Syrie au nord, l'Irak au nord-est, l'Arabie saoudite à l'est et au sud, et enfin Israël et la Cisjordanie à l'ouest. Toutes ces frontières représentent 1 619 km. La Jordanie possède également 26 km de littoral le long du golfe d'Aqaba et de la mer Morte.
Les principales villes du pays sont Amman , Irbid et Zarqa, toutes trois situées dans le Nord-Ouest du pays. Sa population 6 200 000 habitants
GEOGRAPHIE
Géologiquement, la Jordanie est le point de jonction des grandes plaques continentales de l'Eurasie, de l'Afrique et de l'Inde. D'où les fractures que l'on peut y observer, comme celle du golfe d'Aqaba. Il n'est du coup pas rare que la terre tremble, même si les séismes restent généralement d'amplitude faible.
La Jordanie est composée principalement d’un plateau désertique aride à l'Est, et d’une région montagneuse à l'Ouest. La Vallée du grand rift et le Jourdain séparent la Jordanie d'Israël. Le point culminant du pays est le Jabal Ramm à 1 754 m, tandis que la mer Morte est le point le plus bas.
 La Jordanie (sans la Cisjordanie) comprend trois grandes régions :
A l'ouest, la vallée du Jourdain prend place dans le Ghor, un fossé tectonique prolongé par la mer Morte et la vallée du wadi Araba, bien arrosée par les pluies, elle possède une végétation quasi tropicale.
Plus à l'est, les plateaux de Transjordanie dominent de près de 1 500 m le fossé tectonique et arrêtent les pluies venant de la Méditerranée.
Encore plus à l'est, les plateaux s'abaissent doucement vers la dernière région du pays, le désert, qui recouvre plus de 80 % du territoire. Ce désert est avant tout de type rocailleux, même si on peut apercevoir quelques dunes de sable à certains endroits.

Il y a 30 millions d’années, en même temps que se formait, à moins 400 mètres, la dépression de la Mer Morte, surgissait, à plus de 1700 mètres, le Djebel Rum, avec, à ses pieds, le désert du Wadi Rum. Situé dans une zone géologique semblable à celle des parois rocheuses de Petra, le Wadi Rum est une large vallée posée sur un socle de granit, bordée de falaises de grés rouge et qui s’étend sur 70 km environ. A Petra c’est l’homme qui a crée cette extraordinaire beauté, alors que dans le Wadi Rum c’est l’action millénaire de l’érosion du vent, conjuguée au sable, qui a créé ces paysages naturels où les roches ont pris des formes étranges.
Situé à une centaine de kilomètres au sud de Petra, le Wadi Rum est le plus grand et le plus majestueux des déserts jordaniens. C’est un ensemble de vallées qui offre des paysages fantastiques avec des dunes de sable et des parois de roches aux formes étranges et aux couleurs changeantes. En effet, ce sont ces larges vallées sablonneuses, variant du jaune d’or au rouge foncé, bordées de montagnes déchiquetées, présentant elles aussi une large palette de couleurs, du jaune au noir avec une prédominance des rouges, qui engendrent une telle fascination pour le désert du Wadi Rum. La teinte rouge sombre des montagnes et du sable est due à la présence d’oxyde de fer.

CLIMAT
 Le climat est sec et chaud, surtout sur la plus grande partie du territoire occupé par le désert d'Arabie. Cependant, le pays a une saison pluvieuse à l'ouest de novembre à avril. À l'ouest d'Amman, sur les reliefs, les hivers sont froids et secs, et la neige n'est pas rare. Sur les bords de la mer Rouge ou de la mer Morte, au contraire, les hivers sont doux (autour de 20-25 °C).
Toute l'année, on constate une forte amplitude thermique différence d'environ 10 °C entre le Nord et Aqaba (à la pointe sud) ou la vallée du Jourdain (à l'ouest). 
Toutefois, la majorité du pays se situant entre 700 et 1 600 m, les températures dépassent rarement les 30 °C et les nuits sont plutôt tempérées.

FAUNE ET FLORE
Plusieurs espèces endémiques disparaissent progressivement de façon alarmante. Les oryx d'Arabie, autrefois nombreux, les autruches, les gazelles et les onagres (ânes sauvages), auraient disparu sans les efforts entrepris depuis plusieurs années par des associations qui tentent de sauver et de préserver ces espèces au sein de réserves naturelles. C'est là que vivent le guépard, la hyène, le loup, le chacal, le rat des sables, la gerboise, le porc-épic, le lièvre du désert ou encore le renard rouge d'Arabie.
Une flore variée
La vie végétale jordanienne est la même que celle des pays méditerranéens, au nord des cèdres, des eucalyptus, des chênes, des pistachiers, des genévriers, des acacias, des flamboyants, des mimosas, des oliviers, du vignoble... Il existe près de 2 000 espèces florales comme l'orchidée, le chrysanthème, l'anémone, le colchique, le câprier, les lauriers-roses et blancs, et des dizaines de variétés d'iris dont l'iris noir, emblème national.

HISTOIRE
Beaucoup de civilisations et de royaumes se sont succédé sur le sol jordanien, à cheval entre le croissant fertile et le désert d'Arabie. Certains peuples historiques y ont établi leurs capitales comme les Ammonites, les Édomites, les Moabites. D'autres civilisations ont également dominé cette région, tels les Akkadiens, les Assyriens, les Babyloniens, les Perses, ainsi que l'Égypte pharaonienne ou encore la dynastie hasmonéenne des Maccabées. La civilisation la plus connue en Jordanie a probablement été la civilisation nabatéenne qui y a laissé de riches vestiges archéologiques comme Pétra. L'alphabet arabe semble être né à Pétra.
Des civilisations occidentales ont également régné en Jordanie comme les Macédoniens, les Romains, les Byzantins et les Ottomans. Dès le VIIe siècle, la région a été culturellement musulmane et arabe, à l'exception d'une brève période de domination par les Croisés et sous le mandat britannique.
 Habitée depuis le néolithique, la grande vallée du Wadi Rum est traversée depuis des millénaires par des nomades qui y ont laissé des traces de leur passage sous forme d’inscriptions rupestres représentant des scènes de chasse gravées sur des pierres ou sur les parois rocheuses des grottes. On les attribue à une époque remontant au IVe millénaire avant J.C pour les plus anciennes, au VIIe siècle avant J.C pour les inscriptions Thamoudéennes et au IIe siècle avant J.C pour les inscriptions nabatéennes. 
Pétra, est une ancienne cité troglodytique située dans l'actuelle Jordanie, au cœur d'un bassin bordé par les montagnes qui forment le flanc oriental de l'Arabah (Wadi Araba), grande vallée prolongeant le grand rift vers le nord et qui s'étend de la mer Morte au golfe d'Aqaba.
En -312, le général macédonien Antigone le Borgne échoue dans sa tentative de s'emparer de la ville. Au IVe siècle av. J.-C., la ville s'étend sur plus de 10 km². Les Nabatéens se font connaître pour leurs techniques de poterie de très haute qualité, savoir sûrement transmis par les Édomites. Vers la fin du IVe siècle av. J.-C. et au début du IIe siècle av. J.-C., les Nabatéens semblent totalement indépendants malgré la domination régionale des Ptolémée et vers la fin du IIIe siècle av. J.-C., les Nabatéens soutiennent Antiochos III qui repousse les Ptolémée vers le Sud.
Entre -93 et -90, le roi nabatéen Obodas Ier bat Alexandre Jannée sur le plateau du Golan, mettant fin aux vues expansionnistes des Hasmonéens sur Pétra et son royaume. En -85, Obodas Ier bat le séleucide Antiochos XII qui est tué au combat. Les Nabatéens défieront Obodas à sa mort, organisant un culte pour lui et lui bâtissant le Deir en hommage.
Le roi Arétas III, fils d'Obodas Ier étend le pouvoir des Nabatéens jusqu’à Damas. La cité se développe grâce au commerce sur la route de l'encens. Cet itinéraire terrestre historique partait du Yémen le long de la côte occidentale de l'Arabie et se divisait à Pétra en une branche nord-occidentale qui conduisait à Gaza, et en une nord-orientale en direction de Damas.
L'eau et la sécurité ont fait de Pétra une halte pour les caravanes du sud de l'Arabie, chargées principalement de produits de luxe (épices et soie en provenance d'Inde, ivoire en provenance d'Afrique, perles de la mer Rouge et encens du sud de l'Arabie, entre autres produits hautement convoités). La résine du boswellia (l' arbre à encens ) était convoitée dans le monde antique tout entier comme une offrande religieuse particulièrement précieuse, mais également comme médicament. Le commerce intermédiaire et des droits de douane produisaient d'importants profits pour les Nabatéens, qui donnaient aux caravaniers de l'eau et leur montraient où s'abriter la nuit contre paiement.
Le roi nabatéen Malichos Ier puis Obodas III font échouer plusieurs expéditions romaines vers l'Arabie heureuse dont celle vers -25 et -24 du préfet d'Égypte Gaius Aelius Gallus . Les Romains tentent en effet de découvrir l'origine des épices et des parfums que les Nabatéens commerçaient afin de ne plus passer par leur intermédiaire. La ville atteint son apogée en l'an 50.
Durant le règne du roi nabatéen Obodas III de -30 à -9, le royaume nabatéen subit un important élan culturel. C'est à cette époque que la plupart de tombeaux et temples sont construits. Les Nabatéens adorent les dieux et les déesses arabes des temps pré-islamiques aussi bien que quelques-uns de leurs rois déifiés. Dusares est à l'époque le principal dieu masculin accompagné de sa trinité féminine : Uzza, Allat et Manat. Beaucoup de statues taillées dans la roche dépeignent ces dieux et déesses.
Diodore de Sicile et Strabon sont les seuls à laisser sur cette période deux textes développés sur Pétra. Ces textes font état des importantes richesses de ce peuple arabe provenant du commerce caravanier entre Asie et Europe. Une confédération regroupant dix Cités-États nommée décapole est mise en place. Elle sera conquise par Rome en 63 av. JC.
En 106, sans doute après la mort du dernier roi nabatéen Rabbel II, puisqu'il n'y a eu apparemment aucun combat, le royaume est annexé par Cornelius Palma, gouverneur de Syrie, sur ordre de Trajan. Lequel fera de Bosra, à l'époque devenant vite la seconde ville nabatéenne en importance, la capitale de la nouvelle province romaine d'Arabie. L'empereur Trajan renomme Bosra (alors appelée Bostra) en Nea Traiane Bostra, et Pétra reçoit le titre honorifique de métropole. L'ouverture des routes maritimes à l'époque romaine porte un coup fatal à Pétra et aux Nabatéens car les routes commerciales ne passent plus par la ville. Après l'occupation romaine quelques caravanes s'arrêtent encore à Pétra, mais elles deviennent plus rares au fil du temps, malgré la construction d'une route romaine de 400 km reliant Bosra, Pétra et le golfe d'Aqaba.
L'empereur Hadrien se rend sur le site en 131, il lui donne son nom : Pétra Hadriana. Le développement de l'urbanisme révèle une période prospère durant la « Pax Romana ». Lors de la réorganisation de l'Empire initiée par l'empereur Dioclétien elle devient la capitale de la  Palaestina taertia.
Selon la tradition arabe, Pétra est l'endroit où Moïse, lors de l'Exode du peuple israëlien d'Égypte, fit jaillir une source d'une pierre en la frappant avec son bâton. Le village proche de Wadi Moussa et certains lieux rappellent donc aujourd'hui encore Moïse. Myriam, la sœur de Moïse, y possède un tombeau. 
Tombé dans l'oubli à l'époque moderne, le site est redécouvert par le monde occidental grâce à l'explorateur suisse Jean Louis Burckhardt en 1812.
Classé depuis le 6 décembre 1985, patrimoine mondial de l'UNESCO, la zone autour du site est également, depuis 1993, un parc national archéologique.

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